Alberta

École Nouvelle Fontière Centre scolaire-communautaire
Centre communautaire Centralta
Centre scolaire et communautaire francophone de Plamandon
La Cité des Rocheuses
Centre scolaire communautaire de Saint-Paul
Centre communautaire scolaire Boréal


- École Nouvelle Fontière Centre scolaire-communautaire
- Endroit : Grande Prairie

La date du 11 juin 1999 marque une nouvelle page dans l’histoire des francophones de Grande Prairie, en Alberta, avec l’ouverture officielle de l’école « Nouvelle Frontière Centre scolaire communautaire ». Cette ouverture vient concrétiser plusieurs années d’efforts de sensibilisation et de planification afin que les francophones de la région de Grande Prairie puissent, à leur tour, bénéficier d’une éducation en français comme le garantit l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Même si les débuts de cette école – en septembre 1998 – furent modestes avec moins de 40 élèves inscrits de la 1er à la 7e année, les inscriptions à l’école, puis à la maternelle et prématernelle les années suivantes, et plus particulièrement pour l’année 2002-2003, permettent de croire que la vision des fondateurs était juste et venait combler une lacune pas toujours évidente. Lorsque les services ne sont pas disponibles, on ne peut s’attendre que la demande sera forte. L’expansion de l’école en un centre scolaire communautaire en est le plus fidèle exemple.

Quoique la présence francophone dans la région de Grande Prairie a pris un certain temps à se manifester, les premières familles à s’y installer remontent à 1916. Premièrement, le nom de « Grande Prairie » a été donné par le père Émile Grouard, qui devint plus tard Mgr Grouard. Missionnaire catholique de l’ordre des Oblats, il était bien connu des Cree, des trappeurs et des pionniers de la région. La première famille à s’y installer fut la famille Poirier, venue de Fort William en Ontario. Elle voulait créer une première Coopérative canadienne française pour contourner les coûts du blé qui ne cessaient d’augmenter à cause de la Première Guerre mondiale. Avec une quarantaine d’autres familles de Fort William, la famille Poirier décidait de se diriger vers le Manitoba afin de repartir à neuf. Arrivés à Winnipeg, seule la famille Poirier a poursuivi son rêve d’une vie meilleure basée sur la formule coopérative. Cela leur prit six jours pour s’y rendre. Les familles Rochon et Pronovost, qui devaient aussi se rendre à Grande Prairie, décidèrent de s’arrêter à Bezanson et de s’y installer. La famille Poirier avait cru que lorsqu’ils arriveraient à Grande Prairie tout serait prêt pour eux et tout serait payé. Ce ne fut pas le cas. Elle a été une famille fondatrice du Grande Prairie d’aujourd’hui.

Avec une population francophone grandissante dans la région de Grande Prairie, il était bien normal que les parents revendiquent des services d’éducation en français pour leurs enfants. On reconnaît au conseil scolaire de Saint-Isidore, fondé en 1957, le rôle de pionnier dans la revendication de l’éducation en français en Alberta. En 1994, le Conseil scolaire du Nord-Ouest (CSNO) no 1 se donna comme mandat le développement de l’éducation française du nordouest de l’Alberta et se mit au travail pour doter Grande Prairie d’une école française. La date cible était l’automne 1996 mais de nombreux délais et quelques difficultés sont venus retarder cette cérémonie de deux ans.

Le Conseil scolaire du Nord-Ouest n’en était pas à ses premières armes dans ses revendications scolaires francophones. En plus de gérer la nouvelle école qui verra le jour à Grande Prairie, le CSNO gère depuis 1988 l’école Héritage, à Falher, de même que l’école française de Rivière-la-Paix qui a ouvert ses portes en septembre 1999.

Il est important de souligner le rôle qu’a joué et que joue encore l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) à travers ses succursales pour le développement et la promotion de la vie française en Alberta. Sa vocation première est d’être le porte-parole des francophones et de travailler à l’épanouissement culturel, social, économique et politique des communautés francophones à l’échelle de la province. Dans le dossier de l’éducation francophone à Grande Prairie, on y retrouve le même dynamisme qui a permis à tant d’autres communautés francophones en Alberta de se donner des instruments d’épanouissement.

Quoique de nombreux parents de Grande Prairie souhaitaient voir le jour où leurs enfants pourraient recevoir une formation en français, il ne semblait y avoir une volonté ferme et identifiable autour de laquelle on pourrait bâtir. Un inventaire dressé en mars 1998 identifie 1 300 noms français dans le bottin téléphonique, sans compter les personnes francophones portant un nom de famille anglais. Un sondage auprès de ces 1 300 familles démontre que 300 d’entre elles se disent intéressées à une éducation en français, langue première. Les promoteurs d’une école française se basaient sur l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés pour convaincre les parents de leurs droits à une éducation dans leur langue maternelle.

L’achat, en juin 1998, d’une ancienne école appartenant au Grande Prairie Public School Board déclenche un nouvel enthousiasme pour la future école française dont l’ouverture est prévue pour l’automne de la même année. L’embauche d’enseignants et d’administrateurs va de paire avec le recrutement d’élèves et la définition de la mission de l’école qui se veut ouverte sur le monde à quiconque aura une affiliation francophone au sein de sa famille, indépendamment de sa race ou de sa religion. La rénovation de l’école, à quelques semaines de son ouverture, s’avérera un véritable projet communautaire, car devant les coupures budgétaires, le comité directeur fit appel à la générosité des parents pour réduire les coûts et réaliser un rêve longtemps caressé par plusieurs.

En septembre 1998, l’école est composée de classes francophones de la 1er à la 6e année, d’une maternelle à temps plein, d’une prématernelle à temps partiel, d’un groupe de jeux, d’un centre de ressources familiales ainsi que d’une garderie. La contribution des services communautaires au sein de l’école s’avère très vite indispensable pour la vitalité, le développement et la survie de l’école francophone de Grande Prairie. La désignation de « Centre scolaire communautaire francophone » était tout à fait naturelle. Le nom fut modifié en juin 1999 pour devenir « Nouvelle Frontière Centre scolaire communautaire ». L’ouverture officielle était célébrée le 11 juin 1999. Pour l’année scolaire 2002-2003, l’école compte 58 étudiants de la maternelle à la 6e année et 23 inscriptions pour la prématernelle. Et déjà, la direction a entrepris le processus pour trouver un nouvel emplacement pour le centre scolaire Nouvelle Frontière afin d’accommoder le nombre de plus en plus grand et prometteur. Ce sont des débuts modestes, comme ont connu la plupart des autres communautés francophones en milieu minoritaire au Canada. Les francophones de Grande Prairie se sont donné les outils nécessaires pour s’épanouir culturellement et linguistiquement.


L’Association canadienne-française de l’Alberta est chargée de la
plupart des dossiers francophones à Grande Prairie. Au nombre des
services offerts, on retrouve une garderie scolaire, une prématernelle
francophone, un groupe de jeux, un centre de ressources familiales,
des cours de français pour adultes, etc.

Adresse :. 10 807, 101e rue
  Grande Prairie (Alb.) T8V 2R6
Téléphone : École – (780) 814-7945
ACFA, régionale de Grande Prairie – (780) 532-6335
Télécopieur : (780) 814-6922
Courriel : École – écolegp@telusplanet.net
ACFA, régionale de Grande Prairie – acfagp@telusplanet.net

- Centre communautaire Centralta
- Endroit : Legal

La présence française dans la partie centrale de l’Alberta, et plus spécifiquement à Legal, remonte à 1894, alors que deux Français quittent la Californie pour se rendre à Edmonton pour obtenir un lot de terre pour fin d’habitation dans la région de Legal. C’était le début d’une présence soutenue pour plus d’un siècle.

Il est important de situer géographiquement la ville de Legal; celle-ci est située à cinquante kilomètres au nord de la ville d’Edmonton. Elle fait partie de la région de Centralta, soit le centre de l’Alberta qu’elle partage avec deux autres municipalités, Morinville et Saint-Albert, ainsi que quelques petites localités avoisinantes. Ces deux Français, Théodore Gelot et Eugène Ménard, recrutés par l’abbé Jean-Baptiste Morin (dont la ville de Morinville porte le nom), sont ainsi devenus les fondateurs de la région qui s’appellera plus tard Legal.

La ville de Legal doit son nom à Mgr Émile Legal, évêque coadjuteur de Mgr Grandin, au diocèse de Saint-Albert. Né en France en 1849, il vient au Canada comme jeune prêtre en 1879. Membre de la congrégation des Oblats, il a travaillé auprès des Pieds-Noirs jusqu’à ce qu’il soit nommé évêque en 1897. Comme la vie communautaire tourne autour de l’église, Mgr Legal choisissait, en 1899, l’emplacement de la première église; c’est ainsi qu’est né le village de Legal reconnu officiellement en 1914.

L’économie du village dépendait en grande partie de la culture des fermes environnantes. La région était aussi connue pour ses mines de charbon, fort prospères à l’époque, qui attiraient de nombreuses familles qui venaient s’y établir. La paroisse Saint-Émile, également fondée par Mgr Legal, porte elle aussi fièrement le nom de son fondateur, tout comme la ville de Legal.

C’est à la congrégation des Soeurs grises que revient le mérite d’avoir dispensé l’éducation en français à Legal en ouvrant une école de deux étages en 1920. Elles y sont demeurées jusqu’en 1987. Le couvent des Soeurs grises, comprenant l’école Citadelle, deviendra le foyer principal du futur Centre communautaire Centralta.

Effectivement, l’unique école Citadelle éprouvait, depuis la fin des années 80, un urgent besoin d’espace pour offrir à la jeunesse un gymnase et une salle d’art. Par le passé, les élèves de l’école Citadelle ont eut accès aux installations de l’école anglophone Legal School, mais les besoins étaient devenus plus pressants. Le désir d’avoir ses propres installations et d’offrir un plus grand éventail de services à toute la population francophone de la région furent l’élément déclencheur d’un mouvement d’appui qui devait aboutir à de nouvelles structures et de nouvelles installations.

Les premiers efforts pour ajouter un gymnase et une salle d’art à l’école Citadelle remontent à l’automne 1991, alors que les parents et les enseignants de l’école Citadelle formèrent un comité sous la direction de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) Centralta. Rendu en 1995, plusieurs réunions de planification pour l’aménagement d’un centre scolaire-communautaire rattaché à l’école Citadelle avaient eu lieu, mais les démarches auprès du ministère de l’Éducation de l’Alberta et de la ville de Legal essuyèrent un refus catégorique.

Loin de se décourager, les francophones de Legal optèrent pour l’achat de l’ancien couvent des Soeurs grises et le transfert de l’école Citadelle. Dès le mois de décembre 1997, on débuta la planification d’une construction sur le nouveau site. Après plusieurs voyages d’une délégation à Ottawa, des rencontres à Edmonton et de nombreuses réunions avec le conseil municipal de Legal, le feu vert était donné en mai 1999. Auparavant, l’Alberta Education avait accepté de verser une somme d’argent pour louer le Centre pendant 10 ans. C’est ainsi qu’en l’an 2000 débute la construction. La population francophone de Legal pouvait bénéficier des services longtemps caressés dans un édifice à la fois rénové et agrandi en 2001.

L’ensemble du Centre comprend 1 008 m2 (10 849 pi2), dont 716 m2 (7 707 pi2) servent à la fois à la communauté et à l’école. On y retrouve également le secteur préscolaire (maternelle, prématernelle et garderie). Le gouvernement fédéral a contribué 1,125 million de dollars alors que le gouvernement provincial y allait d’un montant de 225 000 dollars; d’autres sources y ont contribué 155 000 dollars. Le gouvernement fédéral est le principal bailleur de fonds pour les activités courantes qui se déroulent au Centre. Sa mission est de desservir la communauté et de rehausser la fierté francophone. L’ACFA Centralta est propriétaire et gestionnaire du centre scolaire-communautaire. Le comité exécutif de l’ACFA et les employés de ce bureau sont chargés de gérer le Centre.

La population francophone desservie par le Centre communautaire Centralta est de 2 500. La population totale de la région est de 65 200. Par contre, les élèves d’immersion et les familles exogames (interculturelles) de la grande région de Centralta se prévalent aussi des installations du Centre.

Les familles francophones ont accès à des services religieux à la paroisse Saint-Émile, qui offre une messe en français et une messe en anglais à chaque deux dimanches. Les autres dimanches, la messe est bilingue. La communauté francophone de Legal peut aussi compter sur un service en français ou bilingue à la Caisse populaire de Legal et au bureau de poste. Les média régionaux – l’hebdomadaire Le Franco, le Morinville Mirror, The St-Albert Gazette, le Saint City Newset The Free Pressde Morinville – ont accordé leur appui au Centre communautaire Centralta

. Quoique la communauté de Legal était réticente, au début, à l’idée d’un centre scolaire-communautaire francophone, elle s’y est ralliée par la suite. Par contre, les gouvernements fédéral et provincial ont appuyé le projet à partir des débuts. La visibilité de la culture francophone est grandement favorisée par la présence et les activités du Centre. C’est la rencontre d’une communauté qui peut maintenant participer à des activités autant sociales, culturelles que sportives sous un même toit et dans sa langue. Pour la jeunesse, continuellement exposée aux dangers de l’assimilation, le Centre a un impact positif, de même que pour les familles de ces jeunes.

Adresse :. 5109-46, rue, C. P. 328
  Legal (Alb.) T0G 1L0
Téléphone : (780) 961-3665 ou (780) 961-3665
Télécopieur : (780) 469-3997 ou (780) 961-3400
Courriel : agent.legal@francalta.ab.ca
Site Web : www.francalta.ab.ca/central

- Centre scolaire et communautaire francophone de Plamandon
- Endroit : Plamondon

La survie d’un groupe minoritaire ne dépend pas uniquement du nombre; c’est aussi une question de volonté, de fierté et de patience. C’est précisément le cas de la petite communauté de Plamondon, en Alberta, qui possède depuis 10 ans déjà son centre scolaire communautaire. Ce centre comprend deux entités distinctes : l’école Beauséjour et le Centre culturel Philippe-Ménard. Même si la population francophone n’est que de 280, au recensement de 2001, elle possède déjà 14 organismes qui viennent compléter les efforts des parents et des élèves.

En 1908, Joseph Plamondon, originaire de la région de L’Ancienne- Lorette, au Québec, avec d’autres défricheurs, quitte le lac Michigan pour venir prendre possession de terrains disponibles dans l’Ouest canadien. Il faut ajouter que le Lac La Biche, situé à 17 kilomètres de Plamondon, était en pleine effervescence. La Mission du Lac La Biche, la deuxième mission qui a « ouvert » l’Ouest canadien, fut l’oeuvre du père Albert Lacombe, un Oblat reconnu comme le grand défricheur de l’époque. Il fut un temps où Lac La Biche, avec ses deux postes de traite, dont celui de la Compagnie de la Baie d’Hudson, était plus important qu’Edmonton.

Grâce aux efforts du père Lacombe, l’éducation en français s’est poursuivie en cachette pendant plus de 100 ans (1850 à 1960). En 1978, l’école Plamondon School offrait un programme régulier en anglais et aussi un programme d’immersion française. Mais l’assimilation faisait son chemin.

Les premières démarches en vue de doter la communauté de Plamondon d’infrastructures scolaires francophones remontent à l’année 1985-1986 alors qu’un comité formé de parents et d’enseignants, avec l’aide et l’encouragement de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta), commence à parler d’une école française. Ce fut un sujet très controversé à l’époque mais la résistance diminuera au cours des années.

Après une accalmie de quelques années, l’ACFA reprend l’idée en 1989 et procède à la sensibilisation de la population, puis entame les démarches pour mettre sur pied un organisme de parents ayant comme mandat d’établir une école homogène francophone. Ces démarches portent fruit et, en 1992, les parents emboîtent le pas, revendiquent leurs droits, négocient les ententes avec le conseil scolaire de langue anglaise et choisissent leur directeur d’école. C’est durant la même année que l’ACFA demande l’incorporation de la Société pour l’école française (SPEF) – Plamondon/Lac La Biche. Une première classe de maternelle francophone est lancée à Plamondon avec la collaboration des parents qui s’assurent que la maternelle est bien meublée et décorée. Ce sera donc tout un exploit que de procéder à l’ouverture officielle, en 1993, d’une école francophone toute neuve de la maternelle à la 8e année.

Avec les années, la population francophone a réalisé que l’école et la communauté avaient besoin d’un supplément de programmes et d’activités afin de favoriser le plein épanouissement de la jeunesse et de la communauté dans un environnement de plus en plus compatible avec la langue et la culture française. C’est ainsi qu’on ajouta des services comme le développement du « coin des curieux », un centre de ressources en français, une bibliothèque, le développement du programme préscolaire et une panoplie de matériel pour le développement culturel et artistique.

Le Centre scolaire et communautaire francophone de Plamondon regroupe deux entités indépendantes, administrées chacune par son conseil d’administration, mais oeuvrant pour la même clientèle à l’intérieur du même complexe. Pour répondre aux besoins de la population scolaire francophone, une première phase de quatre classes mobiles fut d’abord instaurée. Une deuxième phase de quatre classes vint s’ajouter quelques années plus tard. Entre-temps, le Centre culturel Philippe-Ménard1 venait combler les lacunes en offrant des services à la communauté francophone.

Le nouveau Centre scolaire et communautaire francophone de Plamondon, dont l’ouverture officielle a eu lieu le 2 mai 2003, est de 6 835 m2 (73 573 pi2) partagés entre le secteur scolaire (3 773 m2 ou 40 613 pi2) qui comprend salles de classes, laboratoires, bureaux administratifs, et le secteur communautaire (3 062 m2 ou 32 960 pi2). Ces derniers locaux servent à la fois à la communauté et à l’école. On y trouve également le secteur préscolaire (maternelle, prématernelle et garderie). Construit par le gouvernement de l’Alberta au coût de cinq millions de dollars, on y trouve les principaux services propres à une communauté qui se développe, bibliothèque, théâtre/salle de spectacle, cuisine, gymnase, salles de rencontres, de ressourcement, de conditionnement physique, sans compter les services offerts directement à la jeunesse de la maternelle jusqu’à la 12e année.

Le gouvernement fédéral assure 64 % du financement de la programmation communautaire et culturelle. Les revenus des activités communautaires et culturelles représentent la différence (34 %). Il va de soi que les principaux usagers du Centre scolaire communautaire sont les francophones, mais on y retrouve un bon nombre d’anglophones, les élèves de l’immersion et les familles exogames (interculturelles).

La population totale de la région desservie par le Centre est de 3 123 personnes (2001). La population francophone de la province était de 58 645 lors du dernier recensement. Communément reconnue comme école régionale, 25 % de sa population scolaire provient de Lac La Biche alors qu’un autre 25 % fait un trajet quotidien de 85 kilomètres les séparant d’Athabasca. L’école compte 120 élèves et au printemps 2004, le premier groupe qui a débuté ensemble la maternelle française, fera l’objet d’une première cérémonie de fin d’année du secondaire. Ce sera un autre moment historique pour les francophones de cette région.

Quoique les réactions de la communauté anglophone furent plutôt négatives à l’idée de regrouper les francophones sous un même toit, malgré le nombre restreint d’élèves à l’époque, cela n’empêche pas que la présence du Centre scolaire et communautaire francophone de Plamondon apporte une contribution très positive dans tous les secteurs qu’ils soient politique, économique, social, culturel ou scolaire. De plus, on constate que l’impact du Centre contribue à diminuer l’assimilation. De plus en plus de gens s’impliquent et participent aux activités du Centre ou à son fonctionnement.

Adresse :. C. P. 487
  Plamondon (Alb.) T0A 2T0
Téléphone : (780) 798-3896
Télécopieur : (780) 798-3909
Courriel : acfapl@canoemail.com
Site Web : www.francalta.ab.ca/plamondon/ecoles.htm

- La Cité des Rocheuses
- Endroit : Calgary

L’essor économique que connaît Calgary et les régions environnantes depuis une quarantaine d’années a bien sûr entraîné des retombées économiques, mais a aussi permis aux Franco-Albertains de la région de se prendre en main afin d’assurer leur plein épanouissement comme Canadiens français. Le cheminement fut long et parfois difficile, mais l’arrivée de la Cité des Rocheuses comme centre scolaire-communautaire est appelée à faire la différence.

Il y avait certes une présence française à Calgary avant le boom économique, mais elle était plutôt en retrait et exposée aux méfaits de l’assimilation comme bien des communautés francophones en milieu minoritaire. Calgary est géographiquement bien situé, lui permettant de bénéficier de développements économiques associés à l’exploitation des ressources pétrolifères. On y retrouve les sièges sociaux de plusieurs grandes entreprises de cette exploitation. À cause de sa position géographique, Calgary est également le centre de distribution vers l’ouest du Canada et même du nord-ouest des États-Unis. Un troisième volet qui fait la renommée de Calgary est celui de la haute finance; en effet, Calgary est devenu un centre financier qui peut rivaliser avec les plus grandes régions du pays. Le secteur manufacturier très florissant constitue le quatrième volet économique.

La véritable prise de conscience du potentiel francophone s’est manifestée au cours des 20 dernières années. Avant 1980, il y avait des cours d’immersion, mais il y avait très peu de services pour les francophones. Offerts au sous-sol de l’église Sainte-Famille, ces cours n’offraient pas de garantie à la population francophone que la jeunesse franco-albertaine pourrait terminer ses études en français sans avoir à s’exiler ou parcourir de longues distances. Les succès du concept d’une communauté regroupée sous un même toit (école et communauté) qui s’est développé dans l’est du pays (le Centre communautaire Sainte-Anne de Fredericton) et qui a eu une grande réussite auprès des communautés en situation minoritaire n’étaient pas étrangers aux aspirations des Franco-Albertains de Calgary.

La Société franco-canadienne de Calgary menait la lutte depuis plusieurs années. L’arrivée de nouveaux francophones venant du Québec, de la France, de l’Afrique, du Liban comme d’Haïti, au cours des 15 dernières années, venait grossir les rangs et justifier davantage les demandes pour des installations scolaires et communautaires bien identifiables. Au mois de février 1993, la Société du Centre scolaire-communautaire de Calgary était fondée. La question scolaire était certainement la première préoccupation des parents répartis soit à l’intérieur du système des écoles catholiques, soit à l’intérieur du réseau des écoles francophones. Les chefs de file voyaient plus loin, et l’idée d’avoir un lieu physique qui établit la reconnaissance de la culture francophone et des Franco-Albertains faisait son chemin.

L’idée directrice qui a motivé la création du centre scolairecommunautaire de Calgary venait du concept qui voulait que l’éducation scolaire devait se vivre au quotidien, pas seulement à l’école durant les heures de classe, mais aussi dans un environnement francophone qui reflète l’aspect réel d’une vie communautaire après l’école et durant les heures de loisirs de la population. Dans un premier temps, il y eut l’école Sainte- Marguerite-Bourgeoys qui ouvrait ses portes en 1997. Dans un autre édifice relié à l’école, on y retrouve le volet communautaire. Le complexe est connu sous le nom de la Cité des Rocheuses. Le financement de ce complexe a été partagé entre le gouvernement provincial, pour l’école, au coût de 3,5 millions de dollars, et Patrimoine canadien, pour le volet communautaire, au coût de six à sept millions de dollars. Le terrain choisi pour l’aménagement de ce complexe, que le comité directeur pensait obtenir gratuitement de la ville, a finalement coûté 250 000 dollars, ce qui a considérablement ralenti l’aménagement et le financement des services.

D’une superficie de 2 323 m2 (25 000 pi2) la Cité des Rocheuses, dont l’ouverture officielle avait lieu le 4 octobre 1997, offre une grande variété de services à toute la population. Plusieurs salles sont multifonctionnelles alors que d’autres servent à la fois à l’école et à la population (théâtre, cafétéria et cuisine, salle vidéo-conférence, bibliothèque, café-jardin, etc.). On y retrouve également le secteur préscolaire, la garderie et la prématernelle. D’autres locaux sont occupés par des organismes communautaires comme le Centre de ressources pour la famille, le Conseil scolaire catholique et francophone du sud de l’Alberta, le Conseil scolaire du sud de l’Alberta, le Centre éducatif communautaire de l’Alberta, la Société du théâtre de Calgary et d’autres.

Les organismes francophones, au nombre de 33, profitent directement de l’accès à ces locaux et à ces services. Et évidemment, il y a l’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys, avec ses 22 classes et tous les autres locaux associés à une école de cette envergure.

L’école offre une formation allant jusqu’à la 12e année à 550 élèves, sans compter les 60 jeunes inscrits en maternelle et en prématernelle. Quelque 22 classes sont utilisées et 37 enseignants y dispensent la formation à toute cette jeunesse. La Cité des Rocheuses constitue un carrefour pour une population intéressée comprenant francophones, francophiles, anglophones, élèves de l’école Marguerite-Bourgeoys, élèves des écoles d’immersion, familles exogames interculturelles, organisations sportives et culturelles de Calgary. Au point de vue social et culturel, le centre communautaire est le point de regroupement pour la majorité des événements culturels et des activités de la communauté francophone. Il joue un grand rôle pour le développement auprès des jeunes des différentes écoles francophones et des écoles d’immersion.

Il est difficile de mesurer la portée de l’impact qu’apporte la Cité des Rocheuses depuis les quelques années seulement de fonctionnement. Son développement et sa présence apportent à Calgary une autre facette de la vie trépidante qui s’y déroule. Pour les nouveaux francophones arrivant à Calgary, il constitue le premier refuge. Pour la population francophone établie depuis plusieurs années, la Cité des Rocheuses devient un outil essentiel pour aider à contrer l’assimilation des jeunes.

La perception que se font les gouvernements de la présence et de l’utilité d’un centre scolaire-communautaire varie selon les programmes et les enjeux qui peuvent se développer au cours des années. Il n’y a pas de doute que l’appui du gouvernement fédéral par l’entremise de Patrimoine canadien a eu un impact considérable. Le gouvernement provincial a emboîté le pas par l’entremise du système d’éducation. Les autres paliers de gouvernement, de même que la population anglophone, sont plutôt indifférents selon les situations qui peuvent se développer. C’est aussi une question de respect des différentes nationalités dont est constitué Calgary. Mais pour les francophones, la Cité des Rocheuses est perçue comme la bouée de sauvetage que l’on recherchait.

Adresse :. 4800, chemin Richard Sud-Ouest
  Calgary (Alb.) T3E 6L1
Téléphone : (403) 249-1749
Télécopieur : (403) 249-1742
Courriel : lacite@canada.com
Site Web : www.citedesrocheuses.com

- Centre scolaire communautaire de Saint-Paul
- Endroit : Saint-Paul

La ville de Saint-Paul en Alberta compte près de 6 000 habitants et est située à 220 kilomètres au nord-est d’Edmonton. Quelque 30 % de sa population est francophone et de nombreux petits hameaux (Mallaig, Saint-Vincent, Saint-Édouard, Sainte-Lina, Therien, Lafond) sont situés en périphérie.

En 1896, le père Albert Lacombe implante une communauté métisse qu’il baptisera Saint-Paul-des-Cris. Malheureusement ce projet ne remporte pas le succès escompté. On ouvre alors la communauté à tout le monde. Les francophones se précipitent pour acheter du terrain. Ils sont bientôt majoritaires.

Ils se regroupent autour de la paroisse, du couvent des Soeurs de l’Assomption, de la Caisse populaire, puis de l’Hôpital Sainte-Thérèse qui comptera des médecins et infirmières francophones, une tradition que l’on cherche à maintenir grâce à un groupe dynamique, le Comité Santé du Lakeland.

Les vagues successives de peuplement diversifieront la population. Un groupe important de personnes d’origine ukrainienne vient joindre les rangs de Saint-Paul. Le gouvernement fédéral créera aussi quatre réserves autochtones. Les 12 000 Amérindiens de la région contribuent grandement à l’économie locale. Communauté agricole, Saint-Paul est devenu un centre de services gouvernementaux qui grandit constamment. Encore aujourd’hui, il y est relativement possible de s’y faire servir en français.

La communauté francophone s’est tout d’abord dotée d’un centre culturel le 24 juin 1972. L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) se porte acquéreur de l’édifice qui abritait une école depuis 1930. En 1978, Alberta Culture reconnaît le Centre culturel comme site historique local. Malheureusement, le 17 mars 1981, l’édifice est la proie des flammes. Les francophones ne se laissent pas décourager et développent un plan de reconstruction. Tous mettent la main à la pâte et au portefeuille!

Le Secrétariat d’État aux langues officielles (aujourd’hui ministère du Patrimoine canadien), l’Alberta Cultural Heritage Foundation, le Secrétariat provincial de l’Association canadienne-française de l’Alberta et les membres de la communauté font leur part. Puis c’est l’épopée de la lutte pour l’éducation française. L’école du Sommet verra le jour en 1990 et accueillera 87 élèves. Aujourd’hui, 140 élèves la fréquentent et 15 enseignants y sont assignés. En 1996, on ajoute une salle communautaire/gymnase qui sera inaugurée le 11 avril 1996.

Le Centre scolaire communautaire de Saint-Paul couvre une superficie de 4 265 m2 (45 912 pi2) dont 2 844 m2 (30 612 pi2) sont affectés à l’école du Sommet. Le Centre abrite les locaux du Conseil scolaire Centre-Est no 3, une cuisine professionnelle, des salles de réunion, les bureaux de l’ACFA régionale de Saint-Paul, la Société Éduk (formation continue, alphabétisation, halte scolaire, etc.), le Musée historique de Saint-Paul, une galerie d’art, la Société Les Blés d’or (troupe de danse folklorique), le Centre de ressources préscolaires, la prématernelle, Franco-Accueil (services à la petite enfance financés par Santé Canada), le Comité Santé du Lakeland, une boutique de livres, de CD et de vidéos en français et la bibliothèque de l’école du Sommet.

Parmi les prochains projets de la communauté, on retrouve un terrain de basket-ball pour l’école du Sommet, la mise en place d’une radio communautaire et la création d’un centre de services de santé en français.

Adresse :. 4537-50e avenue
  Saint-Paul (Alb.) T0A 3A0
Téléphone : 780-645-4800
Télécopieur : 780-645-5959
Courriel : acfastpl@mcsnet.ca

- Centre communautaire scolaire Boréal
- Endroit : Fort McMurrai

C’est en 1980 que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), régionale de Wood Buffalo, est officiellement créée. Son mandat est de promouvoir le bien-être culturel, intellectuel, social et économique des francophones de sa communauté. Voici maintenant 23 ans qu’elle se tient fièrement au service de tous les francophones et francophiles de Fort McMurray. L’ACFA, soucieuse de favoriser le rassemblement de tous les francophones, organise des activités variées telles que l’épluchette de blé d’Inde, la fête de Noël, le brunch des bénévoles, la cabane à sucre, le tournoi de golf, le camp d’été pour les jeunes, le comité Femmes, les cours d’anglais, les rencontres sportives… pour n’en nommer que quelques-unes.

Au début des années 80, l’ACFA met sur pied une prématernelle francophone. En 1990, un comité de parents forme la Société préscolaire Pomme d’Api qui prend en charge la prématernelle. En septembre 1988, à la suite des multiples requêtes des parents francophones, le conseil scolaire catholique établit le premier programme à l’intention des étudiants francophones. Il s’agit là d’une année expérimentale où le conseil décide de réunir 53 élèves francophones de la 1er à la 6e année, à raison de quelques heures par semaine. On y offrait un cours de français langue première adapté spécifiquement aux besoins et attentes des étudiants.

En septembre 1989, le programme prend alors de l’expansion et donne naissance à la première petite école de langue française : le Pavillon Boréal situé dans l’édifice de l’école St. John. Au niveau du contenu du programme, on enseigne toutes les matières en français et on y intègre les éléments culturels qui répondent aux besoins de la clientèle. Les parents francophones de la région se réjouissent de voir enfin la langue et la culture françaises exposées à leurs enfants.

Jusqu’en 1989, les inscriptions au Pavillon Boréal sont restées stables, soit dans la soixantaine. En septembre 1994, une augmentation substantielle a été enregistrée à la suite d’une campagne intensive de recrutement. Afin de maximiser l’apprentissage de certains élèves, un programme de tutorat est mis sur pied.

C’est alors que l’idée de la création d’un centre communautaire est née, et avec elle le comité de planification. Après de longues démarches, le 21 octobre 1993, le comité obtient l’assurance d’une contribution fédérale pour subventionner le projet de centre communautaire scolaire à Fort McMurray. Le défi du comité est donc de trouver un emplacement permanent pour le futur centre.

Au cours de l’année scolaire 1994-1995, on annonce le projet de démolition de l’école St. John pour l’été suivant. Ce qui signifie que le Pavillon Boréal doit être relocalisé. Après d’innombrables rencontres avec la Commission catholique de Fort McMurray, une entente temporaire est enfin conclue.

La rentrée scolaire de 1995 marque une importante phase dans l’histoire de l’école française : le programme du Pavillon Boréal déménage dans une école française à part entière, de la maternelle à la 8e année. C’est ici que l’on contemple l’idée du centre communautaire et on alloue donc une aile de l’édifice à différents organismes francophones. Ainsi, le bureau de l’Association canadienne-française de Wood Buffalo aménage, pour rejoindre l’école, le conseil de coordination et la Société préscolaire Pomme d’Api. La communauté francophone peut maintenant retrouver sous un même toit tous les services nécessaires à l’expansion de son épanouissement dans un milieu majoritairement anglophone. L’école avec prématernelle est là pour assurer l’éducation en français, et l’AFCA en place (depuis 1980) pour faciliter l’épanouissement socioculturel des francophones.

C’est au début de l’année 1997 qu’une entente est conclue entre la Commission scolaire publique de Fort McMurray et le comité du centre communautaire. L’ancienne école Frank Spragins abritera désormais le Centre communautaire scolaire Boréal et sera donc rénovée en conséquence, dès le printemps.

La rentrée scolaire 1997-1998 se fait dans la nouvelle bâtisse, mais c’est la date du 11 décembre 1997 qui est à retenir puisqu’elle désigne l’ouverture officielle du Centre communautaire scolaire Boréal. Une telle célébration réunit toute une importante délégation avec ses nombreux dignitaires, ses bénévoles, ses parents, ses enfants, en fait, toutes les personnes impliquées de près ou de loin depuis le début de cette belle aventure.

Depuis septembre 1999, l’école Boréal est sous l’ombrelle du Conseil scolaire du Centre-Nord localisé à Edmonton.

Aujourd’hui, le Centre communautaire scolaire Boréal continue de servir la communauté francophone de Wood Buffalo. Mis à part l’école française, on retrouve la Société préscolaire Pomme d’Api, l’Association canadienne-française avec son Service d’aide à l’emploi Franco Job, son Programme d’accès communautaire PAC ainsi que son Centre de ressources. Tout un programme qui ne tient plus du rêve, mais bien d’une belle réalité pour les francophones présents et futurs de la région de Wood Buffalo!

Adresse :. 312, promenade Abasand
  Fort McMurray (Alb.) T9J 1B2
Site Web : ACFA – www.acfa.ab.ca
École Boréal – www.csrcn.ab.ca