Projets en développement

  St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador)
St-Vital, Winnipeg (Manitoba)

- St. John's (Terre-Neuve-et-Labrador)

Par une belle journée de mai 2002, Stéphane Dion, ministre des Affaires intergouvernementales du Canada, Roger Grimes, premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tom Lush, ministre provincial des Affaires intergouvernementales, Mireille Thomas, présidente de la Société du centre scolaire et communautaire de St. John's, et Michel Savard, représentant Pearl Lee, présidente du Conseil scolaire provincial francophone, prenaient place à la table d’honneur dans une salle de l’Hôtel Newfoundland, à St. John’s, pour procéder à la signature officielle d’une entente de financement de six millions de dollars pour la construction d’un centre scolaire et communautaire dans la capitale de la province.

Cette cérémonie marquait l’aboutissement d’un long processus entamé en 1990 avec la mise en place d’un programme de français langue première pour 27 élèves, de la maternelle à la 3e année, dans le sous-sol de l’école St. Patrick, un établissement d’immersion. Six ans plus tard, le programme était dispensé à 59 élèves, de la maternelle à la 8e année, par cinq professeurs francophones, une aide-enseignante, deux aides à la récupération, une directrice francophone et une directrice partagée avec l’école d’immersion. L’année 1999 a été marquée par le déménagement temporaire de l’école française dans son propre bâtiment, sur la rue Merrymeeting. En octobre 2001, la ministre Judy Foote annonce la construction d’une nouvelle école, qui consistera en un centre scolaire et communautaire. Enfin, à l’automne 2002, le programme s’installe dans les locaux laissés libres par la Lakecrest Academy, une école privée. Au fil des années, l’effectif de l’école s’est accru pour atteindre 76 élèves au début de l’année 2001.

Un processus qui avait commencé par la formation de comités de parents, sous la gouverne des Paul Charbonneau, Danielle Savard, Michael Clair, Johanne Lacelle et Richard Charron, avait abouti en juin 1997 à l’attribution, par la province, de la gestion scolaire à la population francophone, telle que définie par l’expression « ayant droit » de l’article 23 de la Loi sur les langues officielles. Durant l’été 1997, un Conseil scolaire provincial francophone provisoire a été désigné, et des élections à l’automne sont venues entériner l’existence légale de cet organisme de gestion de l’éducation en français. À ce moment, le Conseil provisoire a embauché Maurice Saulnier, son premier directeur exécutif.

En 1997, le Comité des parents francophones de Saint-Jean soumet au ministère de l’Éducation un document intitulé Proposition pour l’établissement d’un Centre scolaire et communautaire à St. John's, Terre-Neuve, dans lequel il présente les avantages d’un tel établissement dans le contexte de la capitale. Le document décrit ainsi la population francophone de la région : « Contrairement aux francophones de la péninsule de Port-au-Port, […] descendants des Acadiens et des Français qui ont peuplé la péninsule depuis des générations, les francophones de St. John's ne sont pas natifs de la capitale. La population francophone comprend surtout des fonctionnaires fédéraux, des militaires, des universitaires et autres professionnels transférés ici depuis la Confédération. Ils sont originaires d’endroits aussi divers que la péninsule de Port-au-Port, le Québec, l’Acadie, Saint-Pierre et Miquelon, la France métropolitaine et l’Afrique. Certains francophones vivent à St. John's depuis des décennies, d’autres sont appelés à déménager après quelques années. »

Depuis, avec l’appui des divers organismes francophones de la capitale, le Conseil scolaire francophone provincial a piloté ce dossier, aboutissant à la séance de signature mentionnée au début de ce texte. En février 2001, la communauté francophone de St. John's avait élu le premier conseil d’administration de la Société du Centre scolaire et communautaire, en confiant la présidence à Mireille Thomas. La première tâche de la Société a été de préparer un document de planification pour l’établissement d’un Centre scolaire et communautaire à St. John's. Préparé par le consultant Andrew Butt, ce rapport a été rendu public à la fin de décembre 2001. À partir d’une description des besoins de la communauté, le gouvernement provincial a confié la préparation des plans du Centre à une firme d’architectes et la Société du Centre a poursuivi les délibérations avec les divers locataires pressentis, soit le Conseil scolaire provincial, la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et- Labrador, la Fédération des parents francophones de Terre-Neuve-et- Labrador, l’Association francophone de Saint-Jean, le journal Le Gaboteuret Franco-Jeunes, l’organisme jeunesse provincial.

Diverses autres négociations ont dû être menées de front, notamment pour le choix et l’acquisition du terrain où s’élèvera le Centre, dans un secteur de Pippy Park, situé sur Ridge Road, et l’obtention des permis nécessaires. À toutes les étapes, parents et organismes ont eu leur mot à dire, et nous en sommes aujourd’hui au moment où le gouvernement provincial est sur le point de faire publier les appels d’offres pour la construction dans les journaux de la province.

En plus de salles de classe pouvant accueillir jusqu’à 150 élèves et de locaux pour un programme de maternelle et prématernelle, le Centre scolaire et communautaire de St. John's abritera les bureaux des divers organismes susnommés, ainsi qu’un amphithéâtre polyvalent, un gymnase, une bibliothèque, une salle d’informatique, une cuisine-cafétéria et divers autres locaux à vocation communautaire. Son mode de gestion est encore en voie de formulation, mais la Société du Centre a déjà embauché un coordonnateur de la mise en oeuvre pour l’appuyer dans ce processus.

Malgré un retard de deux mois, l’ouverture du Centre scolaire et communautaire de St. John's est toujours prévue pour septembre 2004, date symbolique, s’il en est une, puisqu’elle marquera 500 ans de présence française à Terre-Neuve, le 400e anniversaire de la fondation de l’Acadie et le centenaire de l’extinction des droits de pêche des Français au large de la partie de la côte nommée « French Shore ». C’est donc avec une impatience non dissimulée que la communauté francophone de St. John's attend la levée de la première pelletée de terre et l’inauguration de « son Centre scolaire et communautaire ». Texte rédigé par Michel Savard, parent.


Conseil scolaire francophone : (709) 722-6324
École française : (709) 722-6324


- St-Vital, Winnipeg (Manitoba)

C’est le 24 janvier 2003 que l’honorable Stéphane Dion, ministre fédéral responsable des langues officielles, et l’honorable Ron Lemieux, ministre de l’Éducation et de la Jeunesse du Manitoba, se rendent à l’école Christine-Lespérance pour signer une entente d’un peu plus de huit millions de dollars (50 % fédéral et 50 % provincial) pour permettre la construction d’un centre scolaire communautaire à Saint-Vital (Winnipeg).

Aujourd’hui, Saint-Vital fait partie du grand Winnipeg. Au début des années 70, à un temps où Saint-Vital était connue comme ville, elle s’est fusionnée avec la ville de Winnipeg comme plusieurs autres villes à l’époque, telle que Saint-Boniface. Située au sud-ouest de Saint-Boniface, Saint-Vital prend son nom du missionnaire Mgr Vital Grandin qui a oeuvré pendant de nombreuses années dans la région.

L’intérêt pour l’éducation de la jeunesse n’est pas récent à Saint- Vital. En effet, la première école fut fondée en 1860 à la demande de Mgr Alexandre Taché. La première institutrice fut Christine Lespérance, et on accueillit cette même année une soixantaine d’élèves. C’est dans cette région que la famille de Louis Riel habite durant les années 1870. En fait, on y retrouve la Maison Riel devenue site historique très visité.

Avec les années, deux écoles paroissiales ouvrent leurs portes dans la région : l’une en 1941 au Centre Saint-Vital, connue sous le nom d’école Saint-Eugène (94 élèves de la 1er à la 8e année) et l’autre en 1943, plus au nord, connue sous le nom d’école Sainte-Marie (31 élèves de la 1er à la 9e année). Lorsqu’en 1967 le gouvernement reconnaît l’enseignement du français jusqu’à 50 % du temps, les commissaires de ces deux écoles décident de se joindre à la division scolaire de Saint-Vital qui leur assure la continuation de l’enseignement du français toujours à 50 %. Trois ans plus tard, le gouvernement reconnaît l’enseignement totalement en français.

À cette époque-là, Saint-Vital connaît beaucoup de nouveaux développements résidentiels. Les écoles Saint-Eugène et Sainte-Marie deviennent trop petites et les deux bâtiments commencent à prendre de l’âge. Du côté anglophone, les besoins de construction se font aussi ressentir et la Commission scolaire décide de construire deux écoles sous le même toit (une francophone – école Lavallée – et une anglophone – Lavallée School). À l’ouverture de l’école Lavallée en 1974, elle compte au-delà de 400 élèves. Avec les années, le nombre d’élèves francophones augmente substantiellement et atteint 520 élèves en 1995.

L’école Lavallée étant devenue trop petite et la population étudiante francophone se trouvant de plus en plus dans la partie sud de Saint- Vital, la question d’un secondaire francophone se fait plus pressante, car les élèves doivent se rendre au Collège Louis-Riel dans le vieux Saint-Boniface ou à l’école Précieux-Sang située pas tellement loin du Collège Louis-Riel. Par contre, le Collège Jeanne-Sauvé (secondaire-immersion) récemment construit dans une nouvelle région résidentielle attire de plus en plus d’élèves francophones. On compte environ 750 élèves francophones dans la région qui fréquentent soit l’école Lavallée, soit une des écoles secondaires françaises dans le vieux Saint-Boniface.

Puisque les deux écoles Lavallée sont situées sous un même toit, le partage de la cour d’école et du gymnase n’est pas tellement pratique. En même temps, on commence à connaître les succès des centres scolaires communautaires au Nouveau-Brunswick et la Commission nationale des parents en fait la promotion. C’est un concept qui sourit de plus en plus aux parents, au personnel enseignant et à la direction de l’école française Lavallée. C’est donc en novembre 1989, lors d’une rencontre du Comité des parents de l’école Lavallée et de la direction de l’école, que commence les démarches pour l’obtention d’un centre scolaire communautaire de la maternelle à la 12e année pour la population francophone de Saint-Vital.

Dès le début de l’année 1990, à la suite de plusieurs réunions générales avec les parents, un sondage donne un pourcentage de 90 % en faveur du projet. En mai de la même année, la commission scolaire de Saint-Vital adopte une résolution appuyant le projet d’un centre scolaire communautaire. Celle-ci est acheminée au ministère de l’Éducation. C’est à la même époque également que l’on examine la possibilité de créer une commission scolaire francophone au Manitoba. Cet événement possible sert d’excuse à retarder la mise en oeuvre du centre scolaire communautaire. La Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) voit le jour en 1994 et, deux ans plus tard, elle soumet un avis d’intention, préparé par le directeur de l’école Lavallée (Normand Boisvert), de construire un centre scolaire communautaire francophone dans le sud de Saint- Vital.

Quoique d’autres provinces avaient accepté le principe d’une partie communautaire rattachée à une école, le Manitoba était plutôt hésitant – pour ne pas dire désintéressé – à l’idée. Puis, un changement de gouvernement en 1999 redonne espoir pour la réalisation du projet scolaire communautaire (9e à la 12e). L’école Christine-Lespérance, desservant une clientèle de la prématernelle à la 8e année, ouvre ses portes en janvier 2001 et la DSFM continue ses démarches pour trouver les espaces (terrains) toujours à la poursuite d’un complexe scolaire communautaire. Une entente bilatérale est signée en janvier 2003 entre les deux gouvernements (fédéral et provincial), rendant possible la construction de ce complexe si longtemps attendu. L’ouverture est prévue pour 2005. Tous les efforts consentis depuis plus de dix ans vont enfin aboutir à la grande satisfaction des promoteurs et pour le bien et l’avancement de cette jeunesse francophone. Bravo à tous ces irréductibles!

Une collaboration de M. Normand Boisvert.

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