- Centre scolaire-communautaire Samuel-de-
Champlain
- Endroit : Saint-Jean

La ville de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, est la plus ancienne colonie du Canada. Le cartographe Samuel Champlain, qui faisait partie de l’expédition qui jeta les bases de la première colonie habitée au Canada, longea le fleuve qu’il nomma Saint-Jean en l’honneur de la fête de Saint-Jean-Baptiste. C’était le 24 juin 1604.
Quoique la région de Saint-Jean a joué un rôle important dans l’histoire de l’Acadie, surtout dans les conflits entre les familles LaTour et Daulnay au 17e siècle, la présence française dans ce port de mer s’est accentuée avec le développement portuaire durant la Deuxième Guerre mondiale.
Des douzaines de familles acadiennes ont quitté leur milieu francophone pour y trouver du travail, surtout durant les mois d’hiver, alors que le port de mer était très achalandé. Après avoir fait le trajet de quelques centaines de kilomètres à chaque fin de semaine pour retourner auprès de leur famille, plusieurs ont choisi de s’établir définitivement à Saint-Jean.
Une première école française (King George) ouvrait ses portes en 1976. C’était une école mise à la disposition des francophones qui étaient en nombre suffisant pour justifier ce service. Mais dès l’ouverture de celle-ci, les francophones se rendent compte qu’une école, même francophone, ne peut à elle seule parer aux ravages de l’assimilation. Il faut donc avoir en plus un instrument de développement socioculturel de la communauté minoritaire, un lieu de rassemblement, un outil visant la création d’un sentiment collectif d’appartenance et de solidarité.
Dès 1977, des individus et des représentants d’organismes, un peu à l’exemple de la communauté francophone de Fredericton, se donnent un comité pour revendiquer un centre communautaire. L’année suivante, on opte pour désigner ce complexe « école-centre communautaire ». Le gouvernement de l’honorable Richard B. Hatfield, par l’entremise du ministre Jean-Maurice Simard, annonçait, en 1980, qu’un montant de 200 000 dollars serait affecté pour la préparation des plans du futur centre. Le projet connut une certaine opposition venant en partie de quelques députés de la région de Saint-Jean.
À la suite de la signature, en mars 1982, d’un protocole d’entente entre les gouvernements du Nouveau-Brunswick et du Canada pour le partage des coûts de construction, la première pelletée de terre est levée le 18 mars 1983. Un conseil scolaire francophone est créé en 1984 et les élèves francophones, au nombre de 315, s’installaient dans leur nouvelle école (partie intégrante du Centre scolaire-communautaire Samuel-de-Champlain) en septembre de la même année.
D’une superficie de 9 440 m2 (101 623 pi2), le Centre scolairecommunautaire Samuel-de-Champlain est la propriété du ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick. Construit au coût de 12 millions de dollars, les deux paliers de gouvernement (fédéral et provincial) se sont partagés les coûts en parts égales. La gérance en a été confiée à l’Association Régionale de la Communauté francophone (ARCf) de Saint-Jean, un organisme sans but lucratif de type associatif. L’ARCf s’est donnée comme mission d’assurer la survie et le rayonnement de la langue et de la culture françaises de la communauté francophone et acadienne de la grande région de Saint-Jean. Au nombre des objectifs de sa mission, relevons-en quelques-uns :
• mettre sur pied et gérer les infrastructures et les services nécessaires à l’amélioration de la situation morale et matérielle des francophones;
• organiser et coordonner des activités culturelles stratégiques ou des événements culturels populaires afin de fournir à la communauté des opportunités d’épanouissement culturel;
• organiser et coordonner des activités sociales et récréatives qui fournissent des opportunités de perfectionnement ou d’épanouissement personnel;
• élaborer et instituer des programmes éducatifs répondant aux besoins de la communauté.
L’école Samuel-de-Champlain occupe environ 75 % de l’espace du complexe et comprend 21 classes et 45 enseignants au niveau scolaire pour 492 élèves, plus 19 élèves à la prématernelle et 51 à la maternelle, avec quatre enseignants. Trois postes administratifs sont affectés au niveau scolaire.
Une quinzaine d’organismes francophones se partagent les services et locaux communautaires disponibles tous les jours de la semaine. Onze postes sont affectés à l’administration du secteur communautaire.
Desservant une population francophone d’environ 15 000 sur une population régionale d’environ 125 000, le Centre scolairecommunautaire Samuel-de-Champlain contribue grandement à rapprocher les deux communautés linguistiques. Au début, le Centre était perçu par beaucoup d’anglophones de Saint-Jean comme étant du favoritisme à l’endroit d’une poignée de francophones qui refusaient de s’assimiler et qui venaient déranger la quiétude des membres du château fort loyaliste du Nouveau-Brunswick. Mais avec le temps, la perception a changé et même la municipalité reconnaît maintenant la valeur ajoutée qu’apporte la présence francophone dans la région.
Pour la communauté francophone de la région de Saint-Jean, la présence du Centre scolaire-communautaire Samuel-de-Champlain constitue une source de fierté et un espoir pour la langue et la culture françaises. Il est permis de rêver à des jours meilleurs. La fierté se manifeste non seulement au niveau des parents et des francophones, mais aussi chez les jeunes qui fréquentent l’école et le Centre.
Cette fierté et cette stabilité se manifestent aussi à l’extérieur du complexe. Par exemple, le théâtre a servi pendant plusieurs années de point de rencontre pour les francophones catholiques de la région de Saint-Jean. En 1981, le diocèse de Saint-Jean créait deux paroisses nationales sans frontières pour desservir la population francophone catholique de Fredericton et de Saint-Jean. C’est ainsi que la paroisse Saint-François-de-Salle de Saint-Jean voyait le jour le 1er septembre. La paroisse possède depuis quelques années sa propre église non loin du Centre Samuel-de-Champlain.
| Adresse :. |
67, chemin Ragged Point |
| |
Saint-Jean (N.-B.) E2K 5C3 |
Téléphone : (506) 658-4606
Télécopieur : (506) 658-3984
Courriel : Arcf@arcf-sj.org
- Centre communautaire Sainte-Anne
- Endroit : Fredericton

Le Centre communautaire Sainte-Anne de Fredericton, qui célèbre ses
25 ans en 2003, constitue en quelque sorte le retour du fait
français dans la région de la vallée du fleuve Saint-Jean. Cette
région fut autrefois, vers les années 1692, la capitale de l’Acadie,
c’est-à-dire de toute la région des Maritimes et d’une partie de l’État
du Maine, de la Gaspésie et des îles de la Madeleine.
La France, qui depuis le début de ses efforts de colonisation –
premier établissement français à l’île Sainte-Croix située entre le
Nouveau-Brunswick et l’État du Maine en 1604 – en plus de vouloir
élargir son empire et s’installer en Amérique, s’était donné comme
mission d’implanter le catholicisme sur son nouveau territoire et
d’évangéliser les Amérindiens qui habitaient ce territoire depuis des
siècles. Avec l’arrivée des premiers colons français en terre d’Acadie,
en 1604, le peuplement le long du fleuve Saint-Jean à partir des
années 1640 a connu des hauts et des bas jusqu’au milieu du
20e siècle. La colonie acadienne de la Pointe Sainte-Anne
(Fredericton) a prospéré pendant environ un siècle, si bien que lors
de l’attaque du colonel Monckton, en 1758, plus de
150 habitations et deux églises furent détruites.
Le tournant dans l’histoire des Acadiens de la capitale provinciale est
survenu en 1960, alors qu’un jeune avocat (Louis J. Robichaud)
devint, à la surprise générale, le premier Acadien à être élu premier
ministre du Nouveau-Brunswick. La mise en place du programme
Chances égales pour tous, en 1967, a changé le cours de l’histoire
de la province. L’adoption, en 1969, de la Loi sur les langues
officiellessupposait qu’un flot de fonctionnaires bilingues allaient
déferler sur Fredericton pour commencer à offrir, aux citoyens de la
province, des services publics de qualité égale dans les deux langues
officielles.
Les jeunes familles acadiennes arrivées depuis les années 50 étaient
toujours privées de services dans leur langue, que ce soit au niveau
des services religieux ou des écoles publiques. Des démarches
entreprises en 1963 auprès de la commission scolaire anglophone
de Fredericton pour obtenir des classes en français essuyèrent des
refus catégoriques. Grâce à la détermination du groupe de parents et
avec l’appui financier de quelques organismes comme la Société
nationale des Acadiens, l’Association acadienne d’éducation (AAE),
le ministère des Affaires culturelles du Québec, le Conseil de la vie
française en Amérique et d’autres, une école bilingue privée de deux
classes vit le jour en 1965. Puis, en 1967, le gouvernement
Robichaud reconnaissait la légitimité d’une école française et assurait
dorénavant le financement de celle-ci sous l’égide du conseil scolaire
anglophone.
L’état des anciennes casernes militaires de la guerre de 1939-1944
que les jeunes Acadiens devaient fréquenter, et le refus du conseil
scolaire anglophone de garantir l’éducation en français aux jeunes
jusqu’à la fin du secondaire, constituaient de grands obstacles.
Pour les jeunes familles qui s’établissaient à Fredericton, l’absence
d’un milieu francophone avec des services en français et l’absence
d’une présence française visuelle ont suscité une réflexion qui s’est
traduite par un plan d’action à long terme. Le Cercle français de
Fredericton, fondé en 1958, était considéré comme le chien de
garde de la francophonie dans la capitale et le promoteur des causes
françaises. La création, en 1968, du Comité du Centre culturel et de
la paroisse française donna le ton; on identifia les besoins
communautaires de cette population qui pouvait, dans ces années,
représenter 3 000 à 4 000 personnes, soit à peine 4 % de la
population totale. Mais la capitale d’une province officiellement
bilingue – la première et encore la seule au Canada – représentait
un argument de force auprès des gouvernements provincial et
fédéral.
Comment est-on arrivé à un complexe comme le Centre
communautaire Sainte-Anne? Parmi les arguments invoqués dans les
démarches et mémoires présentés aux gouvernements, on citait la
Loi sur les langues officielles; la formation linguistique offerte aux
fonctionnaires provinciaux et fédéraux; la présence, à quelques
kilomètres, d’un des plus grands camps militaires de l’Empire
britannique – la Base des Forces canadiennes Gagetown à Oromocto; le manque de locaux adéquats pour les étudiants de
l’école Sainte-Anne et l’impact que représenterait un centre
communautaire bien vivant. Ces arguments furent suffisants pour
convaincre les politiciens de tenter l’expérience. L’étude des besoins
de la communauté francophone concluait que celle-ci, à cause de
son éparpillement, pourrait connaître certaines difficultés à financer
les installations et les services essentiels à la préservation et à la
promotion de sa langue et de sa culture. Il fallait trouver une
formule qui garantirait un soutien financier à long terme. L’ouverture
d’esprit du premier ministre d’alors, l’honorable Richard B. Hatfield,
a permis aux fonctionnaires chargés du dossier de trouver la formule
« magique » et l’annonce d’un complexe à la fois communautaire et
scolaire fut faite en janvier 1974. L’ouverture officielle suivait quatre
ans plus tard, soit le 10 juin 1978. Cet oasis francophone devait
dorénavant rayonner sur la capitale, avec la mission de contribuer à
la sauvegarde de la langue et de la culture françaises dans la région.
La communauté francophone veillait au grain; pour celle-ci, il n’était
pas question de confier l’administration d’un tel complexe au conseil
scolaire anglophone, d’autant plus que c’était aussi un centre
communautaire. La solution : créer une corporation distincte; ce fut
fait par la Loi sur le Centre communautaire Sainte-Annequi en fait
une corporation de la Couronne. On donna le nom de Sainte-Anne
pour commémorer l’établissement à la Pointe Sainte-Anne.
Il avait une superficie de 9 900 m2 (106 500 pi2) lors de son
ouverture, mais l’augmentation de la population francophone au
cours des années 80 obligea l’administration à ajouter, en 1991,
une superficie de plus de 5 100 m2 (55 000 pi2), pour un total de
15 080 m2 (161 526 pi2). L’école Sainte-Anne, avec près de
1 000 élèves (en 2002-2003) en est le principal partenaire et
occupe près de 75 % de la superficie. Le secteur conjoint représente
4 150 m2 (45 000 pi2).
En plus de l’école Sainte-Anne, on y retrouve des services et locaux
servant à la fois aux élèves et à la population : bibliothèque
Dr Marguerite-Michaud, secteur préscolaire (maternelle,
prématernelle et garderie), cafétéria, théâtre/salle de spectacle,
galerie d’art, gymnase, salles de réunion, administration et radio
communautaire.
Le financement de la construction originale (1978), qui s’élevait à
plus de cinq millions de dollars, fut partagé entre le gouvernement
provincial (2/3) et le gouvernement fédéral (1/3). Le coût de
l’expansion de 1991 fut partagé en parts égales. Un personnel
permanent et occasionnel d’au moins 25 personnes est affecté à
l’administration et à l’entretien du complexe, alors que l’école
Sainte-Anne, avec ses 40 classes, la bibliothèque et le secteur
préscolaire, emploie plus de 80 personnes. Les plus de 200 jeunes
qui fréquentent la garderie du Centre sont garants de la clientèle
scolaire de l’avenir. Le gouvernement provincial et le conseil scolaire
no 1 (francophone) sont les principaux bailleurs de fonds pour
l’entretien général du complexe.
Construit en plein coeur de l’expansion de la capitale, le Centre a
favorisé une foule d’autres services professionnels offerts en
français. Peu après son ouverture, on y aménagea une Caisse
populaire et une librairie, de même que les locaux pour la formation
linguistique des fonctionnaires. L’expansion qu’ont connue ces
services les a obligés à se donner pignon sur rue ailleurs en ville.
Pendant plus de 20 ans, le théâtre du Centre a servi de point de
rencontre pour les services religieux de la paroisse Sainte-Anne-des-
Pays-Bas, établie en 1981, pour desservir toute la population
francophone de la grande région de Fredericton. Une église moderne
située tout près du Centre a été inaugurée au printemps 2001.
L’opposition farouche offerte par plusieurs organismes anglophones
de la région lors de l’annonce du complexe s’est lentement
estompée, et de plus en plus, on reconnaît l’apport économique et
culturel que représente le Centre communautaire Sainte-Anne même
si la participation des anglophones aux activités du Centre n’est
estimée qu’à 3 %. Par contre, l’impact au niveau de la communauté
francophone est inestimable. De cinq organismes communautaires
en 1978, on en compte 28 aujourd’hui. La population francophone
est passé de 2 900 en 1978 à près de 8 000 (recensement de
2001), soit une hausse de 175 %. Le budget d’opération du Centre
est d’environ 1,3 million de dollars. À l’ouverture du Centre, la
région desservie par le Centre comptait 35 élèves à l’école Gesner à
Oromocto et 275 à l’école Sainte-Anne. En 2003, on compte
260 élèves à l’école Arc-en-ciel à Oromocto et 973 élèves à l’école
Sainte-Anne, pour une augmentation de 193 % depuis l’ouverture
du Centre.
La présence d’une communauté francophone vivante se reflète à
tous les niveaux. Les équipes de l’école Sainte-Anne sont reconnues
pour leur excellence et les diplômés de cette même institution se
classent parmi les meilleurs de la province. Dans une récente étude
publiée en 2003 par l’Atlantic Institute for AIMS intitulée « Grading
Our Future: Atlantic Canada’s High School’s Accountability and
Performance in Context » dans les écoles de la province, l’école
Sainte-Anne s’est classée deuxième dans la province, mais première
chez les écoles francophones de la région atlantique.
L’impact du Centre et de toutes ses composantes se fait sentir au
sein de la ville. Il suffit de mentionner les grandes manifestations
patriotiques du 15 août au centre-ville, la désignation du
« Boulevard de la Pointe-Sainte-Anne Boulevard », la création de
nombreux organismes, dont une société d’histoire qui collabore
présentement avec les élus municipaux pour la reconstruction du Fort
Saint-Joseph, ou Fort Nashwaak, des années 1692.
Le succès retentissant de ce premier centre communautaire et
scolaire a servi de tremplin aux milliers de francophones en milieu
minoritaire à travers le pays. Cette formule semble répondre aux
besoins les plus pressants, soit la préservation de la langue et de la
culture françaises, l’éducation en français de notre jeunesse et un
sens d’appartenance à un Canada bilingue et biculturel.
| Adresse :. |
715, rue Priestman |
| |
Fredericton (N.-B.) E3B 5W7 |
Téléphone : (506) 453-2731
Télécopieur : 506) 453-3958
Courriel : ccsadg@nbnet.nb.ca
Site Web : www.centre-sainte-anne.nb.ca

- Carrefour Beausoleil
- Endroit : Miramichi

Toute la grande région de la Miramichi, qui comprend entre autres
les villes autrefois connues sous les noms de Chatham et Newcastle,
fut jadis une colonie acadienne qui a marqué l’histoire de l’Acadie du
Nouveau-Brunswick. La déportation de 1755 ne fut pas la seule
tragédie à affecter les colonies acadiennes : il faut mentionner
d’autres mini-déportations durant les quelques années qui ont suivi,
y compris celles des habitants de l’Isle Saint-Jean
(Île-du-Prince-Édouard), de la population qui habitait le long du
fleuve Saint-Jean (Sainte-Anne-des-Pays-Bas, maintenant Fredericton)
et de la Miramichi. Cette tragédie se passait durant les années
1758-1759.
Des centaines d’habitants venus en grande partie de la région de
Sainte-Anne-des-Pays-Bas passèrent l’hiver 1758 sur l’île Boishébert,
à l’embouchure de la rivière Miramichi; ceux qui ont survécu se
dirigèrent, le printemps venu, en amont de la rivière puis vers la
péninsule acadienne, vers le nord de la province et jusqu’en
Gaspésie.
La ville de Chatham fut jadis le siège épiscopal du diocèse du même
nom, érigé en 1860. Même si la majorité des catholiques étaient de
langue française, les évêques étaient de langue anglaise. À la
fondation du diocèse « acadien » de Moncton en 1936, le siège
épiscopal fut transféré de Chatham à Bathurst lors de la création de
ce diocèse en même temps que celui de Moncton. Dorénavant, les
paroisses acadiennes, donc francophones, du nord-est de la province
seront rattachées au diocèse de Bathurst alors que les paroisses
irlandaises seront rattachées au diocèse anglophone de Saint-Jean.
Une paroisse catholique francophone fut fondée en 1938 à
Beaverbrook, située à une quinzaine de kilomètres de l’actuel centre
communautaire. Relevant du nouveau diocèse de Bathurst, la
paroisse était en mesure de répondre aux besoins des francophones
de la région, y compris ceux qui habitaient Chatham. Il faut ajouter
que depuis la Deuxième Guerre mondiale, la base militaire de
Chatham a contribué énormément à l’économie régionale et a
accueilli un grand nombre de militaires francophones. Quoique les
francophones de la Miramichi aient accès aux services religieux et à
un curé francophone à la paroisse Beaverbrook, des services
religieux sont maintenant offerts en fin de semaine au Carrefour
Beausoleil.
Le réveil des francophones s’est manifesté surtout à partir des
années 70. Encouragés par le programme de Chances égales pour
tous du gouvernement de l’Acadien Louis J. Robichaud, les
francophones de la Miramichi ont réalisé qu’ils n’avaient pas accès à
une éducation dans leur langue. C’est ainsi qu’un groupe de parents
d’enfants d’âge préscolaire ont décidé d’entreprendre des démarches
afin d’assurer une éducation de langue française à leurs enfants.
Un sondage effectué en 1979 a permis de mieux identifier les
forces vives francophones de la Miramichi. Ce fut le déclenchement
d’un mouvement de revendication pacifique qui porta fruit. Le Cercle
français de la Miramichi fut fondé en 1980 afin de développer tous
les aspects de la francophonie dans la Miramichi. Il fut le véhicule
qui déclencha par la suite une série de comités de travail pour bâtir
une communauté vivante qui s’occupe de ses affaires.
En 1981, l’enseignement dispensé à l’école de la paroisse française
Beaverbrook fut étendu jusqu’en 12e année et mis à la disposition
de tous les francophones de la région. Quelques mois plus tard, en
janvier 1982, la province créait un conseil scolaire minoritaire
(francophone) afin d’assurer l’éducation en français pour toute la
région de la Miramichi. Les succès que connaissaient le Centre
communautaire Sainte-Anne de Fredericton (1978) et les démarches
en vue du futur Centre Samuel-de-Champlain, à Saint-Jean, étaient
de nature à donner confiance à la population francophone de la
Miramichi. La grande sympathie à l’endroit des francophones du
Nouveau-Brunswick du premier ministre Richard B. Hatfield fut
manifestée une autre fois au printemps de 1983 lorsque le
secrétaire d’État Serge Joyal et le premier ministre Hatfield
annoncèrent la construction d’un centre communautaire francophone
pour la Miramichi.
Un comité de planification et de construction d’un centre scolaire et
communautaire regroupant le Cercle français de la Miramichi et le
conseil scolaire minoritaire se remit au travail et, le 24 août 1984,
le premier ministre Hatfield officiait à la première pelletée de terre
pour le futur centre. Le Conseil communautaire Beausoleil Inc. fut
mandaté, en septembre 1985, pour coordonner les opérations de ce
centre scolaire et communautaire. Ce nouvel organisme prenait en
quelque sorte la relève du Cercle français de la Miramichi qui avait
mené le bon combat jusqu’au bout. Le 16 juin 1986, on procéda à
l’ouverture officielle du Carrefour Beausoleil. Ce fut une journée
mémorable dans ce long combat mené pour survivre comme groupe
francophone.
Le complexe d’une superficie de 8 547 m2 (92 000 pi2) est
administré par une association à but non lucratif nommée Conseil
communautaire Beausoleil Inc. qui est composé de huit personnes
élues et d’un représentant de la direction scolaire. Ce conseil est
donc responsable de la gestion de l’édifice et du personnel du
secteur communautaire. Ce secteur comprend aussi les locaux utilisés
à la fois par la communauté et l’école (bibliothèque, théâtre,
cafétéria, gymnase, etc.) La construction du centre, au coût de
12 millions de dollars n’a pas fait l’unanimité immédiatement dans
la grande communauté à forte majorité anglophone
(3 000 francophones sur une population régionale de 30 000).
Alors que certains conseillers municipaux y voyaient « un gaspillage
d’argent », une partie de la population anglophone, pour sa part,
criait à l’injustice puisqu’une aussi petite population allait profiter
d’un complexe moderne. Heureusement, les choses ont changé
depuis l’ouverture du Carrefour. Par contre, l’appui des deux paliers
de gouvernement (fédéral et provincial) n’a jamais été mis en
doute.
L’objectif poursuivi par le Carrefour Beausoleil est la promotion de la
langue et de la culture françaises de la communauté de la Miramichi
en offrant divers programmes, services et installations.
Quoique la fermeture de la base militaire de Chatham, en 1995, a
occasionné une perte d’environ 12 % de la clientèle possible du
Carrefour, la vitalité et la fierté des francophones est toujours aussi
palpable. Le centre dessert encore une population d’environ
2 500 francophones. Le nombre d’organismes francophones est
passé de deux en 1986 à 18 en l’an 2001, une augmentation de
218 %.
Il va de soi que la présence et l’animation qui se fait au Carrefour
Beausoleil contribuent à sensibiliser les francophones aux valeurs
culturelles et linguistiques et stimulent leur fierté. C’est un outil très
précieux pour contrer l’assimilation mais le danger demeure toujours
présent. Grâce aux années de sensibilisation depuis l’ouverture du
centre, on note une plus grande ouverture de la communauté
anglophone envers le fait français. Également, on note que malgré
une timidité fort compréhensible, les francophones de la Miramichi
s’expriment davantage dans leur langue non seulement au centre,
mais dans leur vie quotidienne.
| Adresse :. |
300, chemin Beaverbrook |
| |
Miramichi (N.-B.) E1V 1A1 |
Téléphone : (506) 778-8684 ou (506) 627-4117
Télécopieur : (506) 627-4592
Courriel : martinr@nb.aibn.com
Site Web : www.francophone.net/carrefour
