- Centre scolaire-communautaire Étoile de l’Acadie
- Endroit : Sydney

Même si la population acadienne du Cap-Breton n’a pignon sur rue à
Sydney que depuis 1999, la présence acadienne sur l’Isle Royale
remonte à bien avant la déportation des Acadiens du territoire de
l’Acadie en 1755. En effet, lorsque le reste de l’Acadie est passé
aux mains de l’Empire britannique en 1713, l’Isle Royale (le Cap-
Breton d’aujourd’hui) et l’Isle Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard) sont
demeurées françaises jusqu’à la chute de Louisbourg, ce fort
majestueux qui faisait la gloire de la France.
L’Isle Royale et l’Isle Saint-Jean n’échappèrent pas à la déportation
de leurs habitants; ce triste sort leur fut imposé quelques années
après l’événement de 1755. Comme dans les autres régions
acadiennes, il s’en trouva plusieurs qui échappèrent à la déportation
ou qui revinrent s’établir quelques années plus tard. Mais leur
présence était effacée et non organisée. Il faudra attendre presque à
la dernière moitié du 20e siècle pour que le mouvement
d’épanouissement des francophones du Cap-Breton se manifeste.
Évidemment, la région de Chéticamp, située à deux heures de route
de Sydney, était demeurée acadienne française, mais les distances
entre Chéticamp et Sydney (les deux extrémités de la route de
Cabot) empêchaient un rapprochement des deux populations de
langue française.
Vers la fin du 19e siècle et au début du 20e, l’exploitation des mines
de charbon et l’aciérie de Sydney ont attiré les Acadiens des régions
de Chéticamp et de l’île Madame, une autre forteresse qui a marqué
l’histoire acadienne de la Nouvelle-Écosse. Dans l’histoire plus
récente, il faut mentionner le Collège de la Garde côtière canadienne
et les bureaux du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration.
La religion et l’éducation sont toujours prioritaires pour les Acadiens.
Des classes bilingues de la maternelle à la 6e année furent
organisées dans une école anglaise de New Waterford, mais elles
cessèrent en 1970. Un regain de vie se manifesta en 1983 avec la
formation du Comité pour l’éducation en français dont le mandat
était d’obtenir une école véritablement francophone. Devant le peu
d’accueil face à leur demande, le Comité traduisit, en 1989, le Cap Breton District School Board et le gouvernement de la NouvelleÉcosse
devant les tribunaux de la province. La décision de la cour
d’appel obligea la province et le conseil scolaire à offrir une
éducation française aux ayants droit. (Ce terme utilisé par les
tribunaux se réfère aux droits conférés par l’article 23 de la
constitution canadienne aux enfants de parents appartenant à un
groupe linguistique minoritaire ou encore les élèves de la minorité.
On s’y réfère aussi pour parler du nombre total de personnes qui
pourraient éventuellement se prévaloir du service d’éducation dans
la langue de la minorité.)
Ce furent d’abord des classes françaises (de la maternelle à la
9e année) dans une école anglophone administrée par un conseil
scolaire anglophone. En 1991, le Comité du Centre scolairecommunautaire
de la région de Sydney est créé afin de réaliser ce
projet tant désiré. Trois ans plus tard, la province annonce sa
contribution de deux millions de dollars pour le projet du Centre. Le
gouvernement fédéral en fera autant en 1995. Au fur et à mesure
que le projet se précisait, il devint évident que les quatre millions de
dollars ne suffiraient pas pour répondre aux besoins identifiés et il
fut décidé, à la fin de l’année scolaire 1995-1996, de convertir les
bâtiments de l’un des deux collèges communautaires de la région
pour en faire l’embryon du futur Centre scolaire-communautaire
Étoile de l’Acadie. Le Centre ouvrait ses portes au mois de novembre
1998 alors que l’ouverture officielle avait lieu en avril 1999.
L’édifice est la propriété du Conseil scolaire acadien provincial
(CSAP) qui coordonne le système d’écoles acadiennes de la
province. Une entente entre les secteurs scolaire et communautaire
définit les rôles et les responsabilités de chacun dans l’utilisation et
l’opération du Centre, de ses équipements et de ses installations.
L’ensemble du complexe représente 5 955 m2 (64 097 pi2). Le
secteur communautaire, incluant le préscolaire, occupe près de
465 m2 (5 000 pi2), ou 7 %, tandis que l’espace partagé entre les
secteurs scolaire et communautaire occupe 30 % de l’espace total.
Toute une gamme de services sont disponibles grâce en bonne partie
à la contribution du gouvernement fédéral, qui absorbe 44,5 % des
frais d’opération, soit le même pourcentage que pour la
programmation communautaire et culturelle du Centre. La location
de salles, de bureaux et du gymnase représente environ 10 % des
revenus.
Le Conseil communautaire Étoile de l’Acadie a comme mission
d’encourager la communauté francophone du grand Sydney à vivre
pleinement sa culture et à s’épanouir en stimulant l’émergence
d’activités et de services socio-économiques à partir du Centre
scolaire- communautaire Étoile de l’Acadie. Les activités se
poursuivent dans la municipalité régionale du Cap-Breton. Avec une
population francophone issue de différentes parties de la
francophonie, le Conseil a tenu à préciser la portée de son action en
définissant les mots « acadien » et « francophone » afin d’éviter
toute ambiguïté. Les deux mots « sont synonymes et veulent dire
toute personne d’origine et d’expression française oeuvrant à la
survivance et à l’épanouissement de la langue et de la culture
françaises dans la municipalité régionale du Cap-Breton ».
Ayant à desservir une population francophone d’environ
1 400 personnes sur une population régionale de 120 000, la seule
école de langue française de la région a souvent dû affronter
l’indifférence du gouvernement provincial et la jalousie des autres
écoles anglophones qui souvent sont à l’étroit dans de vieux
bâtiments où l’on retrouve fréquemment un nombre élevé d’élèves
dans les classes, et même parfois avec des classes doubles. Il faut
dire qu’au niveau de la province, il n’y a pas de loi sur les services
en français et on ne comprend pas toujours la situation minoritaire
des francophones de la région de Sydney, ni leurs besoins évidents.
Par contre, la présence au sein du cabinet provincial d’un ministre
responsable des Affaires acadiennes est un précieux atout.
Grâce à la présence du Centre scolaire-communautaire Étoile de
l’Acadie, la communauté récupère lentement certains parents qui
avaient succombé à l’assimilation. Celle-ci fait toujours des ravages,
mais il semble que les activités qui se déroulent au Centre et la
fierté qui se dégage contribuent à valoriser la langue et la culture
françaises.
| Adresse :. |
15, rue Inglis |
| |
Sydney (N.-É.) B1P 7C6 |
Téléphone : (902) 562-2172 ou (902) 564-0432
Télécopieur : (902) 539-8875
Courriel : Fcomeau@uccb.ns.ca ou pluc119@icqmail.com
- Carrefour du Grand Havre
- Endroit : Dartmouth

La métropole du grand Halifax est une des plus anciennes
municipalités des Maritimes. Fondée en 1750, la ville de Halifax est
de toujours le principal port de mer de la Nouvelle-Écosse. Berceau de
l’Acadie, la Nouvelle-Écosse est aussi reconnue comme le site du Grand
Dérangement. En 1755, des milliers d’Acadiens de l’Acadie furent
invités par le gouverneur Lawrence, à partir de ses quartiers de
Halifax, à se regrouper dans l’église de Grand-Pré pour apprendre
qu’ils seraient déportés dans tous les coins de la planète.
Quoique plusieurs Acadiens ont réussi, soit à s’échapper ou à revenir
dans leur province natale, la présence française à Halifax a été plutôt
discrète au cours des 150 ans qui ont suivi la déportation des
Acadiens. Sa position géographique et ses installations portuaires en
ont fait un port de mer très important durant les deux guerres
mondiales. Des milliers de militaires venant de différents pays, tant
francophones qu’anglophones, ont vécu plusieurs années dans cette
région et nombreux sont ceux qui ont établi leur famille autour de la
capitale néo-écossaise.
Le port d’Halifax est aussi reconnu pour le cargo qui y passe à
destination ou en provenance de l’Europe. C’est ainsi que la France
maintient un bureau commercial depuis plusieurs décennies et que
l’Alliance française organise des activités pour ses ressortissants et les
Acadiens qui viennent de tous les coins de la province pour y trouver
du travail et y faire des études dans les grandes universités de langue
anglaise. Avec une population de plus de 350 000 pour la grande
région de Halifax-Dartmouth, l’attrait est très souvent irrésistible pour
la jeunesse des régions francophones de la Baie Sainte-Marie et du
Cap-Breton.
Pour toute jeune famille qui s’installe à Halifax où à Dartmouth, la
principale banlieue de la ville portuaire, une des premières
préoccupations est d’assurer une éducation en français pour leurs
enfants. Avec une population francophone grandissante – plus de
8 500 personnes en 1991 (9 295 en 1996) – ce nombre devenait
un argument puissant pour revendiquer des services en français, même
si la province ne reconnaît pas officiellement le bilinguisme.
Le besoin d’un lieu de rassemblement pour les francophones s’est fait
sentir aussi tôt que dans les années 70. Il y avait toujours l’Alliance
française qui maintenait une présence française à Halifax et organisait
des activités sociales et culturelles, mais les francophones sentaient le
besoin de se retrouver et de se regrouper. Une école française –
l’école Shannon Park – offrait une éducation en français, mais avec
une augmentation d’environ 15 % des inscriptions à chaque année,
l’école ne répondait plus aux besoins de la population. Cette école
regroupait les élèves de la maternelle à la 9e année alors que les
élèves du secondaire se voyaient obligés de suivre environ 20 % de
leurs cours en anglais dans une école voisine.
Ce sont donc les parents francophones qui prirent l’initiative de faire
pression auprès des gouvernements pour obtenir des installations
pouvant accommoder les élèves à partir de la maternelle jusqu’à la fin
du secondaire. Et puisque la formation des jeunes ne se fait pas
uniquement à l’école mais aussi au foyer et dans la communauté, de
là est venue l’idée de combiner scolaire et communautaire.
Le comité régional de la FANE (Fédération acadienne de la NouvelleÉcosse)
se fixa des objectifs et le projet d’un centre culturel devint sa
priorité dès 1980. Le sous-comité « comité du centre » est alors
formé. L’ouverture officielle du Centre communautaire Sainte-Anne de
Fredericton au Nouveau-Brunswick en 1978, avec la collaboration des
deux niveaux de gouvernement, donnait espoir. En mars 1983, unepremière demande d’aide financière fut déposée auprès du Secrétariat
d’État du Canada; on y ajouta le concept scolaire. Quelques mois plus
tard, soit en juillet, on introduisit les termes « centre scolairecommunautaire
».
Les pourparlers ont débouché rapidement sur une formule de partage
de 50 % par le gouvernement fédéral à condition que la province de
la Nouvelle-Écosse en fasse autant. Un nouveau comité du centre
scolaire-communautaire est constitué un an plus tard, en octobre
1984, et il regroupe les principaux acteurs : neuf membres individuels
et neuf membres représentant les associations, soit l’Alliance
Française, l’Association foyer-école francophone Shannon, le Ciné-club
français, le comité du centre, le comité régional de la FANE, la
communauté catholique, le Festival acadien de Halifax-Dartmouth,
l’ensemble vocal les Voix d’Acadie et le Club français. Grâce à une
contribution financière du Secrétariat d’État, une personne fut
embauchée pour faire une étude des besoins de la communauté
francophone. Ce rapport devint un puissant outil de sensibilisation et
de promotion du projet.
Il a quand même fallu plusieurs années de lobbying pour convaincre le
gouvernement provincial de la nécessité d’un centre scolaire-communautaire.
Même si le gouvernement reconnaissait le droit à
l’éducation en français pour les francophones, il n’était pas prêt à
financer un centre tel que le proposait la communauté. On exigeait
que le comité obtienne l’accord en principe des quatre municipalités et
des trois commissions scolaires qui seraient desservies par ce centre,
que l’on trouve un terrain, qu’on obtienne l’appui de la population
acadienne de toute la province et que l’on propose une structure de
gouvernance. Les municipalités et les commissions scolaires ont
appuyé le concept à la condition que ceci ne les implique aucunement
dans le financement. La population anglophone a été plutôt muette
contrairement à l’opposition qui s’est manifestée à Fredericton par
exemple.
Il aura fallu près de quatre ans de négociations avant que le
gouvernement de la Nouvelle-Écosse accepte de financer sa part de
50 % des coûts dont l’évalutation ne cessait d’augmenter. Enfin, le
23 août 1990, avait lieu la première pelletée de terre sur le site et
l’ouverture officielle du Carrefour du Grand-Havre à Dartmouth avait
lieu en septembre 1991. Il mesure 9 755 m2 (105 000 pi2). Le
secteur communautaire (locaux utilisés à la fois par la communauté et
l’école) occupe 3 345 m2 (36 000 pi2); l’école en occupe environ
4 645 m2 (50 000 pi2) et le secteur préscolaire (maternelle,
prématernelle et garderie) occupe 185 m2 (2 000 pi2).
Situé dans un quartier résidentiel que l’on pourrait appeler la régiondortoir
d’Halifax, le centre offre une gamme de services aux deux
principaux usagers, l’école et la communauté. Il fut construit au coût
de 11,6 millions de dollars. Les opérations de la composante
communautaire actuelle sont financées en grande partie par les deux
paliers de gouvernement : 18 % par la province et 35 % en
contribution fédérale. La location de salles représente un autre 15 %
des revenus annuels.
Les efforts de sensibilisation et l’attrait d’un carrefour francophone ne
tardèrent pas à se manifester. La partie scolaire du Carrefour du
Grand-Havre avait été construite pour accueillir environ 500 élèves,
surtout du niveau élémentaire. Auparavant, les élèves s’inscrivaient au
Dartmouth High pour suivre une programmation minimale en français.
Avec le nombre grandissant d’élèves – plus de 800 élèves et l’ajout
de 14 classes mobiles – le gouvernement décida de construire deux
écoles élémentaires : l’école primaire Bois Joli (600 élèves), tout près
du Carrefour du Grand-Havre, et l’autre à Halifax, l’école intermédiaire
Beaubassin, avec plus de 350 élèves. La venue de ces deux écoles a
libéré l’école du Carrefour qui est devenue une école pour desservir les
élèves de la 7e à la 12e année. Les espaces libérés au Carrefour ont
été comblés pour des besoins scolaires dont des laboratoires, des
locaux pour la technologie, pour les services aux élèves, une salle de
musique, un centre d’apprentissage, et plusieurs autres besoins.
Quelque 307 élèves sont inscrits à l’école (25 salles de classe),
15 jeunes en prématernelle et 23 jeunes à la garderie.
Le Carrefour du Grand-Havre donne de l’emploi régulier à plus de
60 personnes dont plus de 40 au niveau scolaire, trois postes
administratifs assignés à l’école et quatre postes administratifs au
niveau communautaire. Son impact économique est important et sa
présence permet de regrouper les organismes francophones et, au
besoin, d’apporter un appui important dans les revendications de
services pour la population francophone. On compte aujourd’hui plus
de 20 organismes et groupes à mandats régionaux ou provinciaux
bien actifs au sein de la communauté francophone de la municipalité
régionale de Halifax.
De plus, le centre crée des opportunités de rencontres pour que les
gens qui constituent la communauté francophone de la municipalité
régionale de Halifax puissent mieux se connaître et partager leurs
idées, leur héritage et leurs intérêts. Le centre offre aussi l’opportunité
aux nouveaux arrivants dans la région de connaître plus rapidement
les services et programmes offerts en français à travers la province. La
présence d’une vie communautaire en français ne peut faire autrement
que de développer la fierté et la détermination des francophones à
obtenir des services et programmes dans leur langue en situation
minoritaire. Par contre, il semble que les anglophones de la région
métropolitaine acceptent de plus en plus le système scolaire
francophone.
Même si la province n’a pas de politique sur les langues officielles, elle
reconnaît les droits et les aspirations des Acadiens en appuyant
plusieurs organismes francophones comme le Conseil de
développement économique, l’Université Sainte-Anne – Collège de
l’Acadie, le Conseil scolaire acadien provincial et le Congrès mondial acadien 2004 qui prendra place en Nouvelle-Écosse.
| Adresse :. |
Conseil communautaire du Grand-Havre |
| |
201C, avenue du Portage, bureau 1120 |
| |
Dartmouth (N.-É.) B2X 3T4 |
Téléphone : (902) 435-3244
Télécopieur : (902) 435-1255
