- Avant-propos
C’est à l’automne 2001, à une quinzaine de mois du lancement
des fêtes du 25e anniversaire du premier centre communautaire et
scolaire du pays, le Centre communautaire Sainte-Anne, à
Fredericton, que surgit l’idée de publier un profil des institutions qui,
depuis ces 25 dernières années, permettent à des francophones de
régions minoritaires d’un bout à l’autre du pays de préserver leur
langue et leur culture.
Grâce aux contributions de Patrimoine canadien, de la Société de
développement régional du N.-B. et du ministère de l’Éducation du
N.-B., cette publication intitulée « Les phares communautaires et
scolaires du Canada » se veut un document de bibliothèques et
d’archives, notamment dans les régions où sont situés les centres
qui y sont présentés.
Il est agréable de constater que les graines semées à Fredericton il
y a plus de 25 ans ont, aujourd’hui, germé d’un océan à l’autre,
de Terre-Neuve-et-Labrador à la Colombie-Britannique. Dans plusieurs
cas, ce sont des institutions qui répondent à l’une ou l’autre des
définitions administratives identifiées dans l’ouvrage intitulé : « Une
analyse critique de sept modèles de gestion de centres scolaires
communautaires » de Renée Delorme (Patrimoine canadien) et
Yvonne Hébert (Université de Calgary). Nous avons aussi consulté
l’ouvrage : « Le centre scolaire communautaire et la formation des
citoyennes et citoyens : Solution ou non? », des mêmes auteures.
La récente étude de Ronald Bisson sur les facteurs déterminants
conduisant au succès des centres scolaires-communautaires, nous a
également permis de confirmer l’étendue de la présence des
centres à l’échelle du pays.
D’autres ouvrages, comme celui d’Annie Pilote, intitulé « L’analyse
politique des centres scolaires et communautaires en milieu
francophone minoritaire », ou encore le texte « Les centres
scolaires et communautaires : outils de développement » signé
Clarence Léger dans la revue Éducation et Francophonie, de l’ACELF
(déc. 1989), ont aussi été consultés.
Le lecteur remarquera néanmoins l’absence de telles institutions
dans le milieu québécois. On y retrouve des services de loisirs, de
culture et de vie communautaire dans le voisinage d’une école,
mais nous n’avons identifié aucune institution répondant aux
critères de gestion reconnus.
Il faut aussi noter la présence de d’autres institutions, dans
certaines provinces, qu’on identifie comme « centres scolaires-communautaires
». Dans de nombreux cas, c’est à cause d’une
plus grande utilisation communautaire de l’école traditionnelle
qu’on est venu à s’identifier comme « centre scolairecommunautaire
». Mais la gestion de ces établissements est,
généralement, uniquement scolaire.
Il est d’ailleurs intéressant que l’on retrouve dans les textes cette
inconsistence : centre scolaire-communautaire, centre scolaire
communautaire, centre communautaire-scolaire, centre
communautaire scolaire, centre communautaire et scolaire. Nous
tentons de respecter ce que les gens locaux ont indiqué dans leurs
textes.
Je désire remercier l’équipe de production. Deux personnes expertes
dans le domaine ont facilité mon rôle de coordonnateur : le premier
directeur général du Centre communautaire Sainte-Anne, Conrad
LeBlanc, et le premier président du conseil d’administration du
Centre, Bernard Poirier. Conrad a vu à l’élaboration du
questionnaire et à la sollicitation des premières données; Bernard
en a été le rédacteur infatigable. Merci aux agents de Patrimoine
canadien, qui ont aidé à bâtir des ponts.
Cet ouvrage se veut avant tout un hommage aux pionniers, aux
bénévoles et aux parents qui se sont donnés sans compter pour
procurer ces outils communautaires et scolaires qui aident,
aujourd’hui, à préserver et à faire avancer la langue et la culture
françaises dans ces communautés linguistiques minoritaires.
Paul-Émile Thériault
Coordonnateur

- Introduction
Tout comme l’aménagement des centres scolaires-communautaires a
supposé une collaboration de plusieurs intervenants, la rédaction de
ce livret a elle aussi fait intervenir plusieurs dirigeants et chefs de file
des communautés francophones en milieu minoritaire à travers le
Canada qui se sont dotées de structures physiques et administratives
leur permettant de mieux assurer leur épanouissement comme
communauté de langue française.
Un premier questionnaire exploratoire fut distribué pour identifier les
centres scolaires-communautaires qui semblaient répondre aux
critères des données à notre disposition. Un merci spécial aux
bureaux régionaux de Patrimoine canadien qui nous ont grandement
aidé à établir cette première liste de contacts.
Un questionnaire plus détaillé fut ensuite acheminé à tous les
centres scolaires-communautaires francophones au pays que la
première phase nous avait permis d’identifier. C’est cet outil qui
nous a permis de recueillir les principales données entourant
l’établissement de ces complexes et d’en connaître les dimensions et
le fonctionnement.
Ce fut ensuite l’étape la plus laborieuse! Recueillir des données et
rédiger des textes au gré de moyens qui ne sont pas toujours les
mêmes pour chaque centre. Nous avons tenté de faire confirmer
tous les menus détails retenus, mais dans quelques cas nous
reproduisons le plus fidèlement possible les données qui nous ont
été transmises ou qui ont pu être relevées de sites Internet de
certains centres.
Nous avons aussi voulu identifier les services offerts par ces centres à leurs clientèles, aussi bien adulte qu’estudiantine. Des tableaux de
données ont été préparés pour résumer les réalités et les services
offerts par les centres. Les lecteurs peuvent consulter les tableaux
« Dates, surfaces et statistiques scolaires » et « Services offerts par
les centres » qui suivent la présentation de l’est à l’ouest.
Enfin, nous avons voulu situer les centres dans un contexte
sociolinguistique et sociopolitique et culturel.
Puis il y a eu la ronde de cueillette de photos. Nous osons espérer
que les images choisies permettent de mettre un visage sur ces
« phares scolaires-communautaires du Canada ».
L’aménagement de ces centres dans des milieux « anglicisants »
témoigne des convictions des francophones non seulement de ne
pas abandonner leur langue et leur culture, mais de trouver les
moyens de favoriser leur plein épanouissement. Cet aboutissement
fut parfois long et laborieux. C’est donc tout à l’honneur de ceux qui
n’ont jamais perdu espoir.
D’ailleurs, nous avons pris note que d’autres communautés
francophones sont à l’étape de la planification de projets d’un centre
scolaire-communautaire pour répondre à leurs besoins. Nous vous en
présentons quatre. C’est, ici aussi, tout à leur honneur.
Puisque la vitalité de nos communautés francophones en milieu
minoritaire est en constante évolution, ces courts profils permettent
de faire connaître les fondements d’une société francophone qui se
prend en main. Puisse ce trop court ouvrage redonner espoir aux
communautés qui n’ont pas encore franchi cette étape importante
de leur épanouissement culturel et linguistique.
Bernard Poirier
Rédacteur

* Tous les textes sont tirés de la publication Les phares communautaires et
scolaires du Canada.
Dernière mise à jour le 9 février 2004
Patrick Chiasson