Saskatchewan

Carrefour des Plaines
Carrefour fransaskois

- Carrefour des Plaines
- Endroit : Regina

Les racines francophones en Saskatchewan sont profondes, alors qu’on en retrouve dans la région de Cumberland House avant même la capitulation française en 1760. À travers les siècles, le fait français a toujours été en évidence dans la province.

Les Canadiens français étaient parmi les tout premiers pionniers qui vinrent établir la future capitale des Territoires du Nord-Ouest. Dès 1882, l’entrepreneur Pascal Bonneau établit un magasin à Regina et vit au nivelage de la rue Broad.

Au début, la ville de Regina, d’abord capitale des Territoires en 1882, puis capitale de la Saskatchewan 23 ans plus tard, comptait un groupe important de catholiques. La première paroisse catholique, St. Mary’s, fondée en 1884, desservira la population catholique de la ville, anglophone comme francophone. En 1910, Mgr Olivier-Elzéar Mathieu est nommé premier archevêque du nouveau diocèse de Regina et s’assure qu’une messe soit chantée en français à tous les dimanches à la cathédrale. Mais les francophones devront attendre jusqu’en 1951 avant d’obtenir leur paroisse de langue française. La paroisse Saint-Jean-Baptiste deviendra un centre important pour la communauté fransaskoise.

Avec l’adoption de la Loi sur les langues officielles au Canada en 1968, Regina deviendra rapidement une des communautés fransaskoises des plus actives. C’est à la suite des programmes de l’administration Trudeau, à Ottawa, que des fonds sont versés aux organisations francophones en milieu minoritaire. Regina bénéficiera pleinement de cette nouvelle politique fédérale. Cette Loi créa, entre autres, un grand besoin de policiers bilingues dans tout le pays. Puisque l’école d’entraînement de la Gendarmerie royale du Canada est à Regina, des centaines de recrues francophones séjournent dans la capitale chaque année. Ces jeunes recrues viennent augmenter les besoins de services socioculturels en français.

Une autre vague de francophones est arrivée dans les années 70 avec l’ouverture du Centre d’études bilingues à l’Université de Regina en 1974 et l’introduction du programme d’immersion dans les écoles de la région. Il y a aussi, en 1973, l’arrivée de Radio- Canada à Regina. C’est aussi à cette époque que l’Association culturelle franco-canadienne (ACFC) déménage ses bureaux de Saskatoon à Regina pour se rapprocher du gouvernement. Déjà, en 1964, un comité à Regina avait préparé les lieux pour le congrès annuel de l’ACFC provinciale. Ce sera la graine qui germera pour créer un cercle local de l’Association provinciale, cercle qui prendra officiellement le nom, en 1965, d’Association canadienne-française de Regina (ACFR). En 1999, le groupe provincial prit le nom d’assemblée communautaire fransaskoise (ACF).

L’Association travaillera à répondre aux besoins de ses membres et de la communauté en général. L’éducation de la jeunesse fransaskoise et les installations scolaires constitueront un dossier chaud toujours d’actualité au fur et à mesure que le nombre d’enfants inscrits à l’école française augmentera. En 1989, l’ACFR rencontre le comité de parents de l’école Mgr de Laval pour travailler au projet d’un centre scolaire-communautaire. L’ACFR et le comité de parents deviennent partenaires dans l’étude de ce dossier.

En 1995, la première partie des travaux est achevée. C’est la Garderie Gard’Amis de Regina qui viendra s’installer dans ses nouveaux locaux pendant que l’autre partie du centre communautaire est en construction. Deux ans plus tard, l’ACFR et la Division scolaire francophone (DSF) no 310 s’installent à leur tour dans le nouveau complexe. D’autres organismes francophones suivront.

D’une superficie totale de 5 920 m2 (63 724 pi2) on y retrouve l’école (2 169 m2 ou 23 348 pi2), le préscolaire, soit garderie, prématernelle et maternelle (479 m2 ou 5 156 pi2), et le centre communautaire de 2 572 m2 (27 686 pi2) utilisé à la fois par l’école et la communauté. Une balance de surface de 700 m2 (7 534 pi2) est répartie dans des locaux partagés.

Le gouvernement fédéral est le principal bailleur de fonds pour les activités qui se déroulent au Carrefour. La mission de ce dernier est de desservir les francophones et francophiles de la communauté et de rehausser la fierté francophone. L’ACFR est cogestionnaire du centre avec la DSF no 310.

La province de la Saskatchewan compte 19 150 francophones dont 2 435 à Regina. Tous les groupes francophones et anglophones de la région peuvent louer les locaux du Carrefour et de l’école afin d’assurer des revenus additionnels servant à l’administration générale des services destinés à sa clientèle.

Malgré le fait qu’au début la communauté ait été réticente à l’idée de la création d’un centre scolaire communautaire parce qu’elle ne croyait pas pouvoir louer tous les locaux, aujourd’hui le Carrefour des Plaines est trop petit pour les besoins de la communauté et de l’école. On songe déjà à agrandir au cours des prochaines années.

La communauté francophone à Regina est de plus en plus présente aux yeux de la majorité. La communauté est souvent sollicitée pour participer à divers comités dans l’organisation d’événements locaux et même provinciaux. C’est donc au prix de grands efforts que la communauté s’est dotée de son centre, mais ce sont des efforts qui ont très certainement rapporté puisque le centre est devenu le lieu de rencontre et de ressources pour les francophones et francophiles qui ont maintenant accès à de l’éducation et à des activités en français dans un lieu qui leur appartient.

Adresse :. 3 850, rue Hillsdale
  Regina (Sask.) S4S 7J5
Téléphone : (306) 566-6020
Télécopieur :(306) 569-2402
Courriel : acfr.direction@accesscomm.ca

- Carrefour fransaskois
- Endroit : Prince Albert

Dans la ville de Prince Albert, les francophones ont pu survivre, comme ceux des plus petites communautés rurales, car cette ville du nord de la Saskatchewan a toujours gardé son caractère de village agricole où les gens se connaissent bien, plutôt que d’adopter une allure cosmopolite. Prince Albert est une des plus vieilles communautés de la Saskatchewan, ayant même connu l’époque de la traite des fourrures. Cette description sommaire est contenue dans un ouvrage très volumineux et très détaillé qui retrace la présence et l’évolution des Fransaskois à partir du milieu du 19e siècle.

La fondation de Prince Albert est attribuée au révérend James Nisbet venu en 1866 pour y établir une mission presbytérienne qu’il nomme Prince Albert en l’honneur du mari de la reine Victoria. Mais, déjà en 1692, des explorateurs visitent la région de Prince Albert et plusieurs forts furent érigés dans la grande région au cours du 18e siècle. Il y a même eu un Fort Batoche fondé par le grand-père de Xavier Letendre, dit Batoche, le fondateur de Batoche en Saskatchewan.

Le 19e siècle à Prince Albert fut marqué par l’arrivée de plusieurs congrégations religieuses, l’ouverture de couvents et de collèges qui ont produit de grands chefs de file qui ont fait leur marque dans des professions libérales, économiques et politiques. La première mission catholique est fondée en 1882. La présence des catholiques s’impose très vite alors que plusieurs des premiers colons de la paroisse Sacré-Coeur étaient de souche française. D’autres colons d’origine française et métisse viennent s’ajouter à la population catholique.

La construction du chemin de fer jusqu’à Prince Albert, terminée en 1890, influence le choix de cette jeune ville comme siège épiscopal du nouveau diocèse de Prince Albert. La nomination de Mgr Pascal attire des centaines de francophones dans la ville de Prince Albert. Sa première tâche sera de faire construire une cathédrale et un évêché, deux bâtiments autour desquels se regroupent la plupart des Franco-Canadiens de Prince Albert. C’est donc à la cathédrale que les francophones vont tenir leurs rencontres et réunions sociales pendant les décennies qui suivirent. La présence du journal Le Patriotejouera un grand rôle dans la vie française de Prince Albert jusqu’à ce qu’il soit fusionné à l’hebdomadaire La Liberté du Manitoba.

Les années d’après-guerre (1939-1945) permirent aux Franco- Canadiens de Prince Albert de poursuivre le développement économique de la région. L’établissement de la Caisse populaire Saint-Jean-Baptiste fondée en 1957 donna un nouvel élan aux gens d’affaires fransaskois. Entre-temps, plusieurs couvents et des collèges fondés par les congrégations religieuses ont dû fermer leurs portes ou se fusionner à d’autres institutions provinciales.

Même si le nombre d’institutions de langue française était restreint, cela ne veut pas dire que la vie culturelle et sociale des Canadiens français fonctionnait au ralenti; au contraire, le nombre d’activités, de clubs et d’organismes n’a cessé d’augmenter. Le Club Canadien a joué un grand rôle de rassembleur des forces fransaskoises et, même s’il a disparu, d’autres ont pris la relève. Il suffit de mentionner le Club de l’Amitié, le groupe des scouts français, la Librairie l’Épinette, l’Académie Rivier, l’école Valois, le Collège Mathieu pour ne nommer que ceux-là. Au début des années 80, la communauté fransaskoise de Prince Albert salue la fondation de l’école Valois qui, encore aujourd’hui, continue d’être la seule école fransaskoise de la ville. Les statistiques sur l’assimilation des francophones de Prince Albert, au début des années 80, sont alarmantes. C’est alors que les francophones lancent l’idée d’un centre communautaire afin de contrer l’assimilation et de se donner un centre, une visibilité et un lieu de rencontre propres aux francophones. L’école Valois fait partie du système catholique, mais les francophones demandent au ministère de l’Éducation que l’école Valois ait son propre édifice. Cette demande fut accordée.

Pendant ce temps, la Société canadienne-française de Prince Albert (SCFPA) s’incorpore (1984) à titre d’organisme sans but lucratif qui verra au développement des francophones de Prince Albert. Autour des années 1988, les pourparlers auprès d’Ottawa pour obtenir un centre communautaire sont déjà entamés alors que la province se prépare à autoriser la construction d’une école francophone. C’est alors qu’est née l’idée d’un centre scolaire-communautaire. Ce sera en 1994 que le ministère du Patrimoine canadien annonce sa participation financière à la construction communautaire de l’école Valois. La construction du Carrefour fransaskois débute en 1995 et l’inauguration officielle a lieu en février 1996.

Construit au coût de 2,2 millions de dollars, le Carrefour vise à répondre aux besoins de la population scolaire et adulte francophone. L’école offre présentement la formation de la 1er à la 12e année à 72 élèves dans six classes avec 7,5 enseignants, sans compter les élèves de la prématernelle et de la maternelle. Le nombre de francophones semble avoir diminué depuis 1980; la raison est que plusieurs francophones ne s’identifient pas dans le recensement comme d’origine francophone, quoique depuis l’avènement du Carrefour fransaskois, on découvre une nouvelle fierté de son appartenance culturelle et linguistique. La programmation communautaire a grandement aidé à sensibiliser la population et à justifier une augmentation des subventions de Patrimoine canadien.

Pas moins de 25 différentes activités et services sont présentement offerts au Carrefour à une clientèle de plus en plus nombreuse. La mission que s’est donnée la Société canadienne-française de Prince Albert est en train de se réaliser : promouvoir la langue française et la culture canadienne française, rassembler les francophones et les francophiles de la ville et de la région et favoriser leur développement global à tous âges.

Le nombre d’organismes membres de la SCFPA a diminué puisque le Conseil d’administration de ce dernier, qui regroupait les groupes membres, a été remplacé par un conseil exécutif favorisant un mode d’administration plus efficace. L’arrivée du Carrefour fransaskois à Prince Albert a été perçu comme un atout par la municipalité tandis qu’au niveau provincial, on veut éviter des situations embarrassantes d’autant plus que la province n’a pas de position législative vis-à-vis du français. La vitalité de la population francophone de Prince Albert est maintenant assurée; il faut maintenant l’alimenter quotidiennement; c’est l’engagement que la direction s’est donné.

Adresse :. 449, 10e rue Est
  Prince Albert (Sask.) S6V 0Z5
Téléphone : (306) 763-0337
Télécopieur : (306) 763-1993
Courriel : direction@scfpa.ca
Site web : www.scfpa.ca