Terre-Neuve-et-Labrador

Centre scolaire-communautaire Sainte-Anne

-Centre scolaire-communautaire Sainte-Anne
-Endroit : La Grand’Terre

Pour la communauté francophone de La Grand’Terre, à Terre-Neuve-et-Labrador, la construction et l’ouverture, en 1995, du Centre scolaire-communautaire Saine-Anne est l’aboutissement logique d’une prise en charge de son plein développement. L’aménagement d’un centre scolaire-communautaire est le fruit de longues années de préparation d’une relève qui est de plus en plus consciente de ses droits linguistiques et surtout, fière de sa langue et de sa culture.

Il faut remonter au 16e siècle pour retracer la présence française à Terre-Neuve. La ruée vers les riches bancs de morues au large de Terre-Neuve a attiré un grand nombre de pêcheurs français qui y ont pris racine. En 1660, une colonie française s’installe à Plaisance qui devient la capitale de la Terre-Neuve française. Les pêcheurs bretons, normands et basques sont alors partout dans l’île comme en font foi les nombreux noms de villages. Ce n’est qu’avec le traité d’Utrecht, en 1713, que Terre-Neuve passe définitivement aux mains de l’Angleterre.

Quoique la France abandonne ses droits de pêche en 1904 au profit de l’Angleterre, la présence française à Terre-Neuve n’en est pas pour autant disparue. De nombreuses familles acadiennes viennent s’établir à Terre-Neuve à partir du milieu du 19e siècle, de même que des pêcheurs français et bretons qui désertent leurs bateaux pour se faire une nouvelle vie sur ce territoire si riche en produits de la mer. Il faut ajouter aussi que de nombreux Français qui habitent les îles Saint-Pierre et Miquelon viendront se joindre aux autres Français, Acadiens et Québéçois pour constituer la relève de la francophonie terre-neuvienne. Le développement des riches dépôts de minerais au Labrador, le développement de l’énergie hydroélectrique et la découverte de gisements de pétrole au large des côtes de Terre-Neuve au cours des récentes années ont contribué à modifier quelque peu le mode de vie des résidents tout en augmentant la présence francophone.

Les premières démarches pour une école française remontent à 1971 alors que se forma l’Association des francophones de Terre- Neuve. En 1977 commençait un programme d’immersion française à Cap St-George. Ce début de francisation devait mener, sept ans plus tard (en 1984), à l’ouverture d’une école française à La Grand’Terre sous l’administration de la Commission scolaire de Port au Port. Ce fut la première école française de la province. Puis en 1986, les élèves du programme d’immersion de Cap St-George sont transférés et s’intègrent au programme français langue première offert à La Grand’ Terre. L’année 1986 sera aussi une date importante dans la communauté francophone avec la première récolte de diplômés de l’école Notre-Dame-du-Cap.

Avec un nombre de plus en plus grand d’élèves inscrits au programme français, il est devenu évident que toute la communauté devait s’intéresser à l’éducation des jeunes et que celle-ci devait travailler étroitement avec la direction de l’école pour encourager les enfants et offrir, en même temps, des occasions d’apprentissage du français aux adultes. Ce fut l’idée motrice qui motiva la communauté à vouloir se doter de structures plus formelles et développer un plan d’action qui aboutirait à créer un milieu homogène où élèves et parents pourraient se familiariser avec des programmes et services dans leur langue et inspirés de leur culture française.

La solution fut la création d’un centre scolaire-communautaire avec mission de faciliter la survie et l’épanouissement de la langue et de Les centres existants Centre scolaire-communautaire Sainte-Anne La Grand’Terre (Terre-Neuve-et-Labrador) 6 la culture françaises de Terre-Neuve. L’ouverture officielle du Centre scolaire-communautaire Sainte-Anne en 1995 est venue couronner toutes ces années d’effort de la part des différents comités qui ont travaillé d’arrache-pied à assurer l’épanouissement de la communauté. Le Centre est d’une superficie totale de 2 666 m2 (28 700 pi2), le secteur scolaire (les salles de classes, les laboratoires, les bureaux de l’administration scolaire) occupant 1 526 m2 (16 426 pi2). Il faut ajouter qu’on y a aménagé une prématernelle, une maternelle et une garderie. La maternelle relève de l’école.

L’administration de la partie communautaire a été confiée à l’Association régionale de la côte ouest (ARCO) qui paie une location au conseil scolaire. Une entente existe entre l’ARCO et le conseil scolaire provincial. Le gouvernement fédéral a absorbé la presque totalité du coût de construction du Centre Sainte-Anne en y contribuant 3,4 millions de dollars. C’est également le gouvernement fédéral qui paie 80 % des coûts d’opération du centre scolaire-communautaire. La contribution du gouvernement provincial (20 %) est sous forme de services par l’entremise, entre autres, de la Commission scolaire (chauffage, électricité, etc.). Grâce encore à la générosité du gouvernement fédéral – subvention annuelle – la communauté a accès à des services communautaires variés tant au niveau des activités socioculturelles que des services offerts aux sept organismes et aux adultes. On y trouve une variétés d’activités éducatives, sociales, culturelles, religieuses et sportives.

La population totale de la région desservie par le Centre scolairecommunautaire Sainte-Anne de La Grand’Terre est d’environ 3 000 personnes dont environ 1 000 sont de langue française. On compte sept organismes francophones et environ 80 élèves sont inscrits au niveau scolaire en plus des élèves de la prématernelle et de la maternelle. Neuf enseignants sont affectés au niveau scolaire.

Le Centre est le plus gros employeur de la région et son impact économique et social est important. Il constitue le seul édifice public de la municipalité capable d’accueillir des rassemblements importants. Les relations entre le Centre Sainte-Anne et la communauté anglophone sont excellentes. Le gouvernement provincial, par l’entremise du ministre des Affaires francophones, reconnaît ses obligations financières.

L’impact bénéfique du Centre scolaire-communautaire Sainte-Anne de La Grand’ Terre se fait sentir aussi au niveau de la population alors que l’on note, depuis son ouverture, un ralentissement du degré d’assimilation. Les enfants sont bilingues. Et plusieurs autres enfants de la communauté reviennent au bercail pour y travailler.

Adresse :. C. P. 190, RR1
  La Grand’Terre (T.-N.-L.) A0N 1R0
Téléphone : (709) 642-5254
Télécopieur : (709) 642-5164
Courriel : arco@aemail4u.com